M. Moubarak, sous la pression d'une contestation populaire sans précédent, a délégué jeudi soir ses prérogatives à son vice-président Omar Souleimane tout en s'accrochant à son poste, déclenchant la fureur des manifestants qui exigent son départ depuis plus de deux semaines.
"Le discours de Moubarak est loin de la rupture nécessaire avec le système abusif de ces 30 dernières années", a affirmé Kenneth Roth, le directeur exécutif de l'ONG basée à New York.
"Des changements cosmétiques ne sont pas suffisants pour satisfaire les revendications du peuple égyptien pour la démocratie et les droits de l'Homme. Les Etats-Unis et l'Union européenne devraient user de leur influence et de leur aide pour encourager une vraie réforme", a-t-il ajouté.
L'ONG a appelé l'Egypte à lever l'état d'urgence, en vigueur depuis 1981, à lancer un "processus légitime et sérieux de transition démocratique, indépendant du gouvernement actuel, pour faire les changements législatifs et constitutionnels nécessaires pour des élections libres et justes" et à mettre fin à la torture.
"L'armée égyptienne, depuis longtemps une partie intégrante du gouvernement, a été un acteur-clé dans la création et la défense du système répressif actuellement en place en Egypte", poursuit l'ONG.
"Que le gouvernement égyptien promette un changement constitutionnel n'est pas assez. Ils doivent démanteler le système derrière la dictature".
Les manifestants ont promis un nouveau rassemblement géant vendredi pour exiger le départ de M. Moubarak.

