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Mode - À Voir Absolument

Quand Aïshti nous rejoue la scène du balcon...

Toiles de Marc Quinn exposées à l’espace femmes du magasin Aïshti, au centre-ville.

Les mythes sont tenaces. Tout le monde sait que Juliette n'a jamais existé ailleurs que dans la pièce de Shakespeare. Tout le monde sait donc aussi que « la maison de Juliette » à Vérone est une vue de l'esprit et un coup de génie marketing de la mairie de cette ville. Et pourtant, longtemps avant la parution en 2010 de Letters to Juliet, le film de Gary Winick qui a épuisé les réserves mondiales de Kleenex, cette maison avec son balcon évocateur n'a cessé d'attirer tous les amoureux de la terre.
Il n'en fallait pas davantage à Marc Quinn, l'un des plus tumultueux sinon talentueux des Young British Artists, pour s'intéresser à cette fiction qui suscite les plus réelles des émotions. À la manière dont il a sublimé les orchidées et autres végétations sensuelles en les figeant dans l'azote, le voilà qui se met en tête de sublimer en les figeant pour la postérité les expressions d'amour pur sous la forme la plus spontanée qui soit : le graffiti. À quelques semaines de la biennale de Venise, en septembre 2009, il installe sous le balcon de Juliette de grandes toiles vierges qui sont aussitôt recouvertes de déclarations et de mots d'amour. Ultime provocation de Quinn, une fois ces toiles recouvertes par le public de toutes sortes de dessins et de mots, il les détache, les baptise « Love paintings », les encadre et les signe. Les voilà fin prêtes pour la biennale où elles créent l'attraction. Une œuvre peut-elle donc se faire seule, sans aucune intervention de l'artiste ? C'est le défi que pose cette forme surprenante de l'art contemporain qu'est le « Readymade ».
Au Liban, alors que paradoxalement le pays souffre d'un manque de musées et d'une certaine indifférence à l'art en général, fleurit une génération de collectionneurs passionnés dont le chef de file est sans conteste Tony Salamé, le fondateur de la chaîne de magasins de mode Aïshti. Chef de file mais également véritable précurseur, ayant été l'un des premiers à déceler le lien de plus en plus étroit entre l'art contemporain et la mode, deux univers en interaction permanente, qui se disputent le privilège d'émouvoir et le pouvoir de faire vibrer. Proche de Marc Quinn, Salamé vient d'acquérir la majorité des fameuses toiles de Vérone. Et comme il est impossible d'aimer sans partager, il les expose, après les Orchidées du même artiste, à l'étage femmes du magasin Aïshti de la rue el-Moutrane (centre-ville). Il serait dommage de laisser passer l'occasion de découvrir ces œuvres, véritables « food for thought ».

 

F.A.D.

Les mythes sont tenaces. Tout le monde sait que Juliette n'a jamais existé ailleurs que dans la pièce de Shakespeare. Tout le monde sait donc aussi que « la maison de Juliette » à Vérone est une vue de l'esprit et un coup de génie marketing de la mairie de cette ville. Et pourtant, longtemps avant la parution en 2010 de Letters to Juliet, le film de Gary Winick qui a épuisé les réserves mondiales de Kleenex, cette maison avec son balcon évocateur n'a cessé d'attirer tous les amoureux de la terre. Il n'en fallait pas davantage à Marc Quinn, l'un des plus tumultueux sinon talentueux des Young British Artists, pour s'intéresser à cette fiction qui suscite les plus réelles des émotions. À la manière dont il a sublimé les orchidées et autres végétations sensuelles en les figeant dans l'azote, le voilà qui se met en...
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