Il a déploré le fait que les informations rapportées sur ce plan soient « toujours les mêmes », alors qu'il ne s'agit plus aujourd'hui de « remplacer telle personne par telle autre » parce qu'elle n'est pas au goût d'une troisième. « Non, a soutenu Michel Aoun, il ne s'agit plus de cela. »
Explicitant son propos, le chef du CPL a annoncé un changement radical au niveau de « l'orientation et de la ligne d'action de ceux qui gouverneront, et un changement de réflexion de la part des politiciens et des journalistes », jugeant normal qu' « ils » aient besoin de temps pour s'y habituer, les comparant aux hommes qui ont dû s'adapter à des températures polaires après avoir vécu par 50 degrés, ou l'inverse, a-t-il précisé.
Michel Aoun a tenu à tranquilliser tout le monde, assurant que lui-même l'était quant à la formation prochaine d'un gouvernement qu'il prédit « très fonctionnel et harmonieux », même si cela nécessitait du temps. On commencera à « s'inquiéter » quand un mois sera passé, a-t-il plaisanté.
Il a balayé d'une boutade la question d'un journaliste à propos de rumeurs faisant état d'une réunion peu satisfaisante entre Gebran Bassil et Nagib Mikati, déclarant que cette réunion pouvait être « pire ou meilleure » que ce qu'on pense, mais en tous cas, « pas comme ce qu'on en dit ».
À la question de savoir de quel ordre sont les obstacles qui entravent la formation du gouvernement, Michel Aoun a nié avoir mentionné un quelconque obstacle, imputant le retard à « la nécessité » de prendre le temps qu'il faut pour « qu'ils s'habituent » à tous les changements à venir.
Le chef du CPL a ainsi expliqué que le moment de la « délivrance » est arrivé et que chaque être libéré jouit d'une « liberté responsable », et il ne peut alors plus « monopoliser seul la décision ».
Au sujet de sa visite prochaine en Syrie, il a assuré qu'elle était d'abord « un pèlerinage », mais que « les bonnes manières sociales ainsi que les liens d'amitié » commandent de rencontrer certains officiels.
En tout état de cause, M. Aoun a déclaré que les visites à Damas ne nécessitent « aucun prétexte ».
Sur les rumeurs autour de la possible candidature de l'homme d'affaires Wadih el-Absi pour le poste de vice-président du Conseil, Aoun a répondu qu'il avait « lu cette information dans les journaux », et qu'il avait reçu le jour même, « par hasard », M. Absi à déjeuner, ce dernier « n'ayant pas exprimé le souhait » de participer à la vie politique du pays.
Il a enfin déclaré soutenir « jusque-là » la désignation de Nagib Mikati pour le poste de PM, quand on lui a demandé s'il était d'accord avec lui, mais il est resté vague sur le fait de savoir si la mouture du cabinet était prête mais qu'elle attendait « l'événement » du 14 Mars. Il a demandé à ce sujet aux journalistes quel est cet « événement » dont on lui a juste dit qu'il avait été délocalisé « de la place des Canons au BIEL ».
Signalons que le député Ibrahim Kanaan s'est également exprimé au micro de la VDL Achrafieh autour de la formation du gouvernement et s'est dit favorable à un cabinet d'union nationale, sauf que certains paramètres actuels rendent la chose difficile.
Son collègue Nagy Gharios a pour sa part bien accueilli la participation du Futur et de ses alliés au prochain gouvernement, à condition, a-t-il spécifié, « qu'ils ne posent pas de conditions inacceptables », comme celles qui ont été à l'origine de la chute du cabinet Hariri.
Enfin, Massoud Achkar a souhaité un « renforcement du rôle du chef de l'État » pour que l'accord de Taëf soit pleinement appliqué, estimant que les chrétiens qui avaient été « marginalisés » attendent avec impatience de « participer activement au prochain gouvernement ».


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