Le premier est correspondant du Wall Paper Magazine, du New York Times et du Financial Times, entre autres, et libanais de cœur depuis 13 ans. Le second est libanais d'origine, foncièrement attaché à Beyrouth où il revient toujours après ses sporadiques aventures à l'étranger. Se rejoignant dans une même passion pour le pays du Cèdre, le journaliste étranger et l'illustrateur libanais ont décidé d'accorder leurs regards dans cet ouvrage signé à deux. Et qui, de manière légère et pince-sans-rire, offre pas mal d'informations pouvant intéresser aussi bien les Libanais eux-mêmes que les étrangers.
Réparti en 9 chapitres qui vont de l'environnement aux superstitions, en passant par la vie quotidienne, l'histoire, les religions, la diaspora, la nourriture, les sites et monuments et bien sûr... la beauté, ce petit livre de 180 pages (d'une belle qualité de papier et d'impression) offre un condensé, plutôt judicieusement choisi, de sujets, de faits, de mythes et coutumes qui donnent au final un sympathique éclairage sur la personnalité libanaise.
Fouillant aussi bien les archives que l'actualité, les deux compères - sans doute plus l'auteur des textes qui décortique avec le regard objectif du journaliste les informations sur lesquelles il s'arrête - se sont amusés à alterner regard critique, mais jamais acerbe, et ton humoristique.
En compulsant ce recueil, on apprend aussi bien des choses sérieuses que des histoires futiles et décalées. On découvre, par exemple, que Beyrouth a été pionnière dans les droits accordés aux femmes et qu'elle a hébergé la toute première école de filles de l'Empire ottoman en 1835. Un esprit pionnier qui ne s'est malheureusement pas étendu jusqu'à nos jours, notamment en ce qui concerne l'attribution par la femme libanaise de sa nationalité à ses enfants, relève avec pertinence Warren Singh-Bartlett.
Au fil des pages, on se balade à travers l'histoire de certains sites, monuments et quartiers: le Grand Sérail, le Grand Théâtre, le nombre d'escaliers à Beyrouth... On se remémore un triste épisode de guerre, à travers la petite histoire du test de la tomate, ou quand, durant la guerre, on identifiait l'origine d'un Libanais ou d'un Palestinien aux barrages miliciens, selon qu'il disait «banadoura» ou «bandora»... On rectifie le tir sur le prétendu nombre d'opérations de chirurgie plastique exécutées au Liban chaque année; on s'amuse de la caricature sur la note du restaurant que s'arrachent tous les convives en signe extérieur de générosité; et l'on reste dubitatif sur les origines supposées libanaises de la mère de Fidel Castro!
Bref, on trouve de tout et forcément des choses que l'on ignore dans ce sympathique ouvrage, à compulser, comme un défi à relever, pour voir s'il tient ses promesses. Et surtout comme un mezzé, en y piochant avec bonne humeur au gré de ses envies.
* Disponible en librairies.

