L'Europe a ainsi choisi d'apporter sans trop tarder son soutien aux aspirations démocratiques en Egypte, pour parer à toute critique après s'être vu reprocher d'être trop longtemps restée silencieuse à l'égard du pouvoir en place en Tunisie lors de la "révolution du jasmin".
"Les autorités devraient écouter les demandes des gens" qui ont défilé dans la rue en Egypte, a déclaré lors d'un point de presse à Bruxelles la porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, Maja Kocijancic.
Elle a ainsi abondé dans le sens des Etats-Unis qui mardi ont exhorté sans détour le gouvernement égyptien à écouter les aspirations de sa population et à respecter leurs droits démocratiques.
Lors des manifestations en Tunisie, les Etats-Unis avaient été nettement plus prompts que les Européens à apporter leur soutien aux protestataires qui réclamaient davantage de libertés publiques.
Ce qui avait valu à l'Union européenne, et surtout à la France, de se faire critiquer pour leur pusillanimité à l'égard du régime de Ben Ali, longtemps considéré en Europe comme un rempart à l'islamisme.
Dans le cas de l'Egypte, la porte-parole de Mme Ashton a estimé que "des milliers de citoyens égyptiens se sont rassemblés dans les rues du Caire pour exprimer leur souhait de changement politique", a-t-elle ajouté.
"L'Union européenne suit de près les manifestations qui se déroulent actuellement au Caire et les considèrent comme un signal des aspirations de beaucoup d'Egyptiens dans le sillage des événements survenus en Tunisie", a-t-elle jugé.
L'UE appelle en outre les autorités égyptiennes à "respecter et à protéger le droit des citoyens égyptiens à manifester" de manière pacifique et "à prendre note de leur souhait légitime" à ce que des décisions politiques soient prises pour "répondre à leurs problèmes quotidiens".
Des rassemblements hostiles au régime ont réuni mardi des milliers de personnes et ont fait au total quatre morts en Egypte. Et de nouveaux appels à manifester ont été lancés pour mercredi malgré l'interdiction des autorités.
Un manifestant est décédé mercredi de blessures reçues la veille à Suez, à une centaine de kilomètres à l'est du Caire, portant à quatre le nombre des personnes tuées dans des affrontements: trois manifestants et un policier.
Ces manifestations antigouvernementales sont les plus importantes du genre survenues en Egypte au cours des trois décennies de présence du président Hosni Moubarak à la tête de l'Etat.
Elle se sont inspirées de la révolte tunisienne qui a conduit au départ du président Zine El Abidine Ben Ali.

