« En appelant à une journée de colère à Tripoli et dans toutes les régions libanaises, vous vouliez exprimer une protestation politique dans le cadre de ce processus démocratique que nous avons choisi ensemble et auquel nous ne devons pas renoncer, quelle que soit l'intensité des émotions », a commencé par dire le Premier ministre sortant, remerciant tous ceux qui se sont élevés contre « les tentatives d'hégémonie sur notre décision nationale ».
Mais c'est très fermement que Saad Hariri a jugé de son « devoir » de rejeter « toute forme d'émeutes », ainsi que « les actes hors la loi qui ont accompagné les mouvements populaires et, malheureusement, en ont terni les nobles objectifs. La colère ne peut être exprimée en coupant les routes, en brûlant les pneus ou en portant atteinte à la liberté d'autrui, quels que soient les motifs. Si nous devions nous inspirer de quelque chose dans ce domaine, nous serions fort inspirés de suivre l'exemple de cette journée historique du 14 mars 2005, ainsi que la voie démocratique du Premier ministre martyr Rafic Hariri », a-t-il insisté, exprimant son « profond regret » au sujet de l'agression contre les correspondants de la chaîne de télévision al-Jazira et leur équipement, et en ce qui concerne les affrontements avec l'armée et les forces de sécurité.
Exhortant « tous mes frères et sœurs de toutes les régions du Liban à respecter le calme et ne pas suivre les appels suspects lancés d'ici ou de là », Saad Hariri a jugé que « Tripoli et tout le Nord ont dit leur mot. Mais certains veulent galvauder ce mot dans des actions suspectes et inacceptables ; faites attention de ne pas tomber dans ce contre quoi nous avons toujours mis en garde », a-t-il demandé.
« Notre but et le vôtre n'est pas d'être au pouvoir, de revenir à la présidence du Conseil des ministres, j'ai déjà dit que la dignité de la patrie et des citoyens est plus importante pour moi que tous les postes. Notre but est de constamment protéger l'État contre les tentatives d'hégémonie sur ses décisions, de protéger notre ligne politique des conspirations et de préserver la paix civile », a poursuivi le PM sortant, réaffirmant que son appel est « un appel national par excellence », qu'il « ne sera jamais et n'a jamais été un appel sectaire. Le discours national doit primer sur toute forme de propos, surtout quand la colère atteint son point culminant. Aujourd'hui, vous êtes un peuple en colère, mais vous êtes un peuple responsable de la sécurité du Liban et de la vie commune entre les Libanais », a martelé Saad Hariri, assurant « comprendre les sentiments de chacun d'entre vous et vos cris de colère... Mais il n'est pas permis que cette colère nous conduise à violer nos principes, notre éducation et notre conviction que la démocratie est notre refuge et notre seul moyen d'exprimer notre position politique ».
« Vous êtes les protecteurs de la paix civile et de la coexistence, et vous êtes la première ligne de défense du système démocratique. Hissez les drapeaux libanais sur vos maisons, gardez la tête haute et soyez sûrs que je serai constamment à vos côtés, dans les bons et les mauvais jours. Ensemble, nous défendrons la souveraineté du Liban et la dignité de son peuple quels que soient les sacrifices, mais ne donnez à personne un prétexte pour recourir à la rue pour résoudre les conflits politiques ! Préservez les moyens d'expression démocratiques, contrôlez votre colère dans l'intérêt du Liban et ne succombez pas à cette colère, peu importe combien ils essaient de vous y conduire », a conclu Saad Hariri.


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