Les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, Ahmet Davutoglu, et du Qatar, Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, ont eu avec le président Michel Sleiman des entretiens "profonds et utiles", selon un communiqué de la présidence libanaise./
"Des écoles ont fermé leurs portes à Tayyouné, Béchara el-Khoury, Ras el-Nabeh, Basta et Zokak el-Blat", des quartiers de Beyrouth dans lesquels cohabitent sunnites et chiites, après l'apparition dans la rue de centaines de jeunes mardi matin, a indiqué un responsable de la sécurité. "Les jeunes n'étaient pas armés", a-t-il précisé.
Selon lui, "il pourrait s'agir de préparatifs en vue d'une mobilisation liée à la remise de l'acte d'accusation".
"Les gens étaient tendus ce matin, les mères demandaient à leurs voisines si leurs enfants étaient revenus à la maison. On a eu très peur", a raconté une mère de famille trentenaire ayant requis l'anonymat, dans le quartier de Zokak el-Blat.
Pour un responsable local du parti Amal, allié du Hezbollah, "ils ont dû descendre dans le rue pour tâter le terrain ou envoyer un message (...) On a dit aux jeunes "descendez", et ils sont descendus, on leur a dit après "rentrez" et ils se sont retirés", a-t-il expliqué à l'AFP.
Les tensions actuelles font craindre une résurgence des violences comme celles qui avaient mis le pays au bord de la guerre civile en mai 2008.
"Je prenais mon café ce matin quand j'ai entendu à la télévision que des hommes se rassemblaient sur la route de l'aéroport, et j'ai paniqué", a confié Lina el-Fata, dans une banlieue de la capitale.
"J'ai dit à ma fille de ne pas aller en classe et appelé mon fils qui était parti au bureau près de l'aéroport", a expliqué cette femme de 48 ans. "Il a mis du temps à répondre, j'ai eu très peur. Nous sommes à bout. Nous ne pouvons plus supporter".
L'armée a ensuite renforcé sa présence dans plusieurs points de la capitale. "Il s'agit de mesures pour tranquilliser les citoyens", a indiqué un porte-parole militaire.
La tension n'a cessé de monter depuis que le Hezbollah et ses alliés ont claqué la porte du gouvernement de Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, provoquant sa chute le 12 janvier. Le Hezbollah faisait pression depuis des mois sur M. Hariri pour qu'il désavoue le TSL, ce que ce dernier a refusé de faire.
Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, Ahmet Davutoglu, et du Qatar, Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, sont arrivés à Beyrouth pour tenter une médiation afin de dénouer la crise.
Leurs entretiens avec le président Michel Sleiman étaient "profonds et utiles", selon un communiqué de la présidence libanaise.
Aucune déclaration n'a été publiée après leurs rencontres avec le président du Parlement, Nabih Berry, et le Premier ministre en exercice, Saad Hariri.
Le chef de l'armée libanaise Jean Kahwaji a lui rencontré à Damas le président syrien.
Le procureur du TSL, Daniel Bellemare, a dit mardi qu'en vertu du règlement du tribunal, il ne pouvait révéler les chefs d'accusation dans l'attente de leur confirmation par le juge de la mise en état, processus qui peut prendre "six à dix semaines".
Il a néanmoins parlé de "la force des éléments de preuves rassemblées" en vue du procès qui pourrait commencer en septembre-octobre "avec ou sans accusé", selon le greffier du TSL, Herman von Hebel.
Le président américain Barack Obama s'est félicité du dépôt de l'acte d'accusation, "un pas important vers la fin de l'ère de l'impunité des assassinats" au Liban et a appelé au calme.


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