"Ce sera montrer que nous avons confiance dans le peuple tunisien que de dire aux nombreux Français qui résident en Tunisie que nous les encourageons à rester, à demeurer en Tunisie", a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale.
Quelque 21.000 Français sont enregistrés comme résidents en Tunisie, où vivent également quelques milliers de Français supplémentaires non inscrits sur les listes consulaires.
La Tunisie a été livrée au chaos et aux pillages pendant les jours qui ont suivi la chute, vendredi, du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali. Auparavant des dizaines de personnes sont mortes lors de manifestations pour la chute du régime, parmi lesquels un enseignant franco-tunisien et un photographe franco-allemand.
Depuis, le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a annoncé lundi la formation d'un gouvernement de transition. Mais plusieurs milliers de manifestants ont dénoncé mardi la présence à des postes-clés de ministres du président déchu, également critiquée par la gauche et la mouvance islamiste.
Le nouveau gouvernement sera chargé de gérer la transition et de préparer les prochaines élections présidentielle et législative qui devraient se tenir dans "six mois au plus tard", a annoncé M. Ghannouchi.
Citant le président français Nicolas Sarkozy, François Fillon a rappelé que la France était "aux côtés du peuple tunisien" et qu'elle "souhaite l'organisation d'élections libres", "la seule issue possible à la crise que connaît la Tunisie", a-t-il dit.
"D'ailleurs, nous sommes prêts à fournir au gouvernement tunisien, s'il le désire, l'assistance nécessaire pour participer à l'organisation de ces élections", a proposé le chef du gouvernement.

