Deuxièmes à trois points avec United, leader qui compte un match de plus à jouer, les hommes de Roberto Mancini sont pourtant plus que jamais dans le bon wagon pour décrocher une timbale qui se refuse à eux depuis 1968. Avec Arsenal, qui suit à deux longueurs (et un match en moins), City est sur le papier le client le plus sérieux à la succession de Chelsea. Le hasard et le calendrier faisant bien les choses, les deux clubs s'apprêtent à en découdre aujourd'hui à l'Emirates Stadium. Gagner à Londres aurait pour City le double avantage de repousser les Gunners à une distance un peu plus respectable et, accessoirement, de mettre fin à un peu plus de trente-cinq ans d'insuccès en terre ennemie.
Phase I du développement
« Ça semble presque ridicule de ne plus avoir gagné là-bas depuis les années 70, mais il va bien falloir que cette série se termine », juge Brian Kidd, assistant de Roberto Mancini et ancien joueur des deux clubs. Corrigé à l'aller (0-3), City a plutôt bien digéré cette claque et, depuis, n'a perdu que deux fois en douze sorties. Un rythme équivalent à celui des Gunners (24 points pris contre 25, NDLR) qui valide la gestion mancunienne, au moins sur le court et moyen terme.
À des années-lumière de la gestion de bon père de famille des Gunners et des habitudes qui ont cours à Arsenal depuis quinze ans, Manchester City est dans sa phase « Abramovich I ». À l'image de Chelsea, à l'arrivée du magnat russe, on dépense, on dépense et on dépense afin de constituer un effectif qualitativement impressionnant. Suivra la phase II, dite d'ajustement, puis III, de dégraissage, quand un noyau dur, tel que celui qui régit la vie des Blues depuis des années, sera constitué. Pour en arriver à ces phases II et III, City n'a sans doute pas de marge d'erreur. Le retour sur investissement doit être immédiat. À défaut, tout est imaginable. Même une crise qui entraînerait une rechute du club dans les limbes de l'anonymat de la Premier League. Le cercle vertueux pouvant rapidement redevenir vicieux.
Cela passe - aussi - par un résultat aujourd'hui à Arsenal. « Les joueurs d'Arsenal jouent ensemble depuis de nombreuses années. On le voit sur le terrain, dans leurs déplacements », temporise Jérôme Boateng, arrivé cet été à City. Le titre, il en a envie. Mais l'Allemand est réaliste. Rome ne s'est pas faite en un jour. « Avec les joueurs que l'on a, à la question : "Pensez-vous avoir une équipe assez bonne pour gagner la Premier League ?", je répondrais : Oui », lance de son côté et sans hésiter Micah Richards. « Quand ? Je ne suis pas sûr. Mais on va se battre et cela arrivera bien plus ou moins tard. » Le plus tôt sera le mieux.

