Les indicateurs de performance qui seront pris en considération dans le cadre du programme « Improve » seront répartis sur quatre domaines : les services de santé, les ressources humaines et les mécanismes de travail, le degré de satisfaction des patients et du corps infirmier et l’aspect financier. Photo mnn.com
« Improve a pour objectif de mettre des indicateurs de performance unifiés pour mesurer la performance des hôpitaux privés, explique M. Sleimane Haroun, président du syndicat des propriétaires des hôpitaux privés. Ce projet est d'autant plus important qu'il permettra aux hôpitaux de s'autocontrôler, d'une part, et à l'ONG de surveiller d'une manière continue la performance de ces établissements, d'autre part. »
Ce projet est facultatif, dans le sens où les hôpitaux privés décident ou non d'y adhérer. « Les hôpitaux doivent être convaincus du bénéfice que pourrait tirer le secteur hospitalier d'un tel projet, souligne M. Haroun. Donc, les chiffres qui seront confiés dans ce cadre ne seront pas utilisés contre les hôpitaux qui les ont fournis, mais pour les aider à améliorer leurs performances tant au niveau national qu'international. Par conséquent, ce projet constitue une plus-value pour tous les hôpitaux qui décident de le suivre. »
Quelque quarante indicateurs de performance seront pris en considération et répartis sur quatre domaines : les services de santé, les ressources humaines et les mécanismes de travail, le degré de satisfaction des patients et du corps infirmier, et l'aspect financier.
Un formulaire unifié sera donné à tous les hôpitaux participants qui le rempliront. Par ailleurs, des équipes visiteront les établissements en question pour s'assurer du travail effectué dans le cadre du projet, tant au niveau de la collecte des données que de la véracité des chiffres avancés.
Il convient de souligner que tous les chiffres resteront confidentiels et que les hôpitaux participants seront anonymes. « Ce projet ne pourra pas réussir si l'anonymat n'est pas assuré, non parce que nous cherchons à cacher des vérités quelconques, mais parce que, au Liban, nous n'avons pas encore la culture nécessaire dans ce sens, insiste M. Haroun. Donc, avant de publier des chiffres qui seraient mal interprétés ou qui porteraient préjudice à tel ou tel établissement, il faudrait commencer par éduquer l'opinion publique aux problèmes qui peuvent être rencontrés dans les hôpitaux et qui sont communs à tous les établissements hospitaliers du monde. C'est un travail de sensibilisation qui doit être exécuté par le syndicat des hôpitaux privés, en collaboration avec le ministère de la Santé et l'OMS. Dans une première étape, le but de ce projet consiste donc à permettre aux hôpitaux de se situer par rapport à d'autres établissements et à la moyenne nationale, dans le but d'améliorer leurs performances et les services qu'ils proposent sans pour autant leur nuire. Pour cela, l'anonymat sera garanti tout au long du projet et des codes seront donnés aux établissements qui participent. Pour cette raison, les résultats globaux seront annoncés dans un premier temps sans nommer les hôpitaux. L'important à ce stade est d'analyser les causes des problèmes (Root Cause Analysis) que nous pourrons identifier et de trouver les solutions adéquates. »
Un projet pilote
La mise en place de l'ONG Improve a été précédée par un projet pilote exécuté sur une période d'un an qui a englobé treize hôpitaux privés « dans le but d'identifier les obstacles qui pourraient être rencontrés et de mieux définir la structure à adopter ». Le projet pilote a été exécuté en collaboration avec des spécialistes du milieu académique et le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liban. « Ce projet pilote a renforcé notre conviction dans l'importance et l'utilité d'un tel programme qui doit être continu et mené sous la supervision d'un comité indépendant, lequel regroupe en plus des représentants d'hôpitaux et des spécialistes de l'OMS ou d'autres organisations impliquées dans le secteur de la santé, avec le soutien du ministère de la Santé, note M. Haroun. Un tel comité assure une transparence, confère au projet la crédibilité voulue et assure sa continuité. »
Improve est un projet « soutenu par le ministère de la Santé », assure pour sa part le directeur général du ministère, le Dr Walid Ammar, qui précise que « le ministère encourage ce travail, mais ne veut pas intervenir ». « En effet, le ministère ne compte pas avoir accès à l'information parce qu'il n'a pas l'intention de sanctionner les hôpitaux, poursuit-il. Ainsi, on évitera que de fausses informations ne soient données puisque le but ultime de ce programme est de permettre aux hôpitaux de s'améliorer. Mais d'un autre côté, le ministère de la Santé aura recours à d'autres indicateurs qui lui permettront d'évaluer de son côté les hôpitaux et sélectionner ceux qui sont les mieux performants. »
Dans une première étape, le syndicat des hôpitaux privés s'attend à avoir la participation de plus de soixante établissements sur les quelque 125 hôpitaux privés.
Affaire à suivre...
N. M.


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