Lors du bref conflit de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah, ce dernier, qui est soutenu par l'Iran et par la Syrie, a été en mesure de résister à l'offensive de Tsahal au Sud-Liban, bien que théoriquement surpassé en puissance de feu et en effectifs.
Les combattants chiites, qui ont fait pleuvoir en 33 jours plus de 4.000 roquettes et missiles sur le territoire israélien, ont, depuis, plus que reconstitué leur arsenal et, en outre, ont renforcé leur enracinement politique en entrant au gouvernement d'unité nationale du Premier ministre sunnite libanais Saad Hariri.
"Israël ne sait pas comment vaincre le Hezbollah. Dès lors, une guerre mettant aux prises seulement Israël et le Hezbollah causerait davantage de dommages au Hezbollah qu'il y a quatre ans et demi mais plus encore sur le front intérieur israélien", a estimé l'ancien général Giora Eiland.
"La seule façon de prévenir la prochaine guerre, et de la gagner éventuellement, c'est d'être clair envers chacun: une autre guerre entre nous et le Hezbollah serait une guerre entre Israël et l'Etat du Liban et causerait la destruction de celui-ci", a déclaré Eiland.
"Et personne, y compris les Syriens et les Iraniens, n'y ont intérêt. Telle est la meilleure manière de formuler une efficace dissuasion", a estimé au micro de Radio Israël l'ancien général, dont l'avis est partagé par bon nombre de responsables israéliens en activité.
Selon le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak, la participation du Hezbollah au gouvernement de Beyrouth justifierait de s'en prendre directement au Liban en cas de nouveau conflit provoqué par la milice armée chiite.
Dans un tel scénario, "le monde entier implorerait un cessez-le-feu dans les 48 heures", prédit Eiland, qui estimé que ce serait plus dans l'intérêt d'Israël "que de faire face à chacune des 40.000 roquettes" dont le Hezbollah, d'après lui, disposerait désormais.
Depuis le conflit de l'été 2006 le front israélo-libanais est resté calme à l'exception de l'accrochage frontalier du mois d'août dernier, qui a coûté la vie à un officier israélien et à trois Libanais, dont deux soldats.

