"Je suis préoccupée par des informations faisant état de pressions exercées sur des compagnies privées, dont des banques, des sociétés émettrices de cartes bancaires ainsi que des fournisseurs de site internet, pour qu'ils ferment leurs lignes de crédit pour des dons destinés à WikiLeaks", a expliqué Mme Pillay, au cours d'une conférence de presse. Elle a également dénoncé des pressions pour cesser d'abriter le site.
"Il n'est pas encore défini si les mesures prises par des compagnies privées enfreignent les obligations des Etats sur les droits de l'homme garantissant le respect de la liberté d'expression", a poursuivi la responsable.
Mais dans l'ensemble, "elles peuvent être interprétées comme une tentative de censure contre la publication d'informations, et pourraient potentiellement constituer une violation du droit à la liberté d'expression de WikiLeaks", a-t-elle averti.
Le site, dont le fondateur de WikiLeaks Julian Assange est en prison, publie depuis le 28 novembre des milliers de télégrammes diplomatiques américains repris par les médias du monde entier, mettant dans l'embarras nombre de gouvernements, à commencer par la Maison Blanche.
Plusieurs sociétés telles, Visa, Mastercard ou encore Postfinance.ch ont suspendu leurs services de paiements à WikiLeaks, dans la foulée de ces publications. Une riposte a été organisée par des hackers ayant pris fait et cause pour Julian Assange, augmentant jeudi leurs cyber-attaques contre "les adversaires de WikiLeaks".
"Si WikiLeaks a commis des actes reconnus comme illégaux, ceci doit être traité dans le cadre de la législation et non par le biais de pressions ou d'intimidation notamment sur des tierces parties", a insisté Mme Pillay.

