Pour M. Berry, « les choses se compliqueraient beaucoup » au cas où l'acte d'accusation du procureur du TSL, Daniel Bellemare, paraissait « avant que l'on ne soit parvenu à un compromis ». Selon lui, « l'après-acte d'accusation ne ressemblera pas à l'avant-acte d'accusation ».
« Si les informations selon lesquelles Bellemare a déjà transmis le texte de l'acte d'accusation au juge Daniel Fransen étaient vraies, cela serait l'équivalent d'un coup de poignard dans le dos de l'Arabie saoudite davantage que dans celui de la Syrie ou de l'opposition libanaise », a-t-il ajouté.
M. Berry s'est dit « interloqué » par les accusations du 14 Mars selon lesquelles l'opposition paralyse le Conseil des ministres. « Ces propos renversent la donne de fond en comble et dénaturent les faits. C'est le 14 Mars qui assume directement et clairement cette responsabilité », a-t-il dit.
« Le Premier ministre, Saad Hariri, avait informé le chef de l'État de son refus de procéder à un vote en Conseil des ministres sur le transfert du dossier des faux témoins à la Cour de justice, menaçant de se retirer de la séance si l'affaire est mise au vote. C'est du fait de cette position que le Conseil des ministres s'est trouvé paralysé », a estimé M. Berry.
« La coupe a débordé et il n'est plus possible de se taire sur ce qui se passe. J'ai beaucoup supporté et je me suis armé de patience durant une longue période afin de laisser les canaux ouverts dans toutes les directions. Mais l'insistance à dénaturer les faits est devenue inacceptable », a-t-il encore dit.
« La balle se trouve à présent dans le camp du président de la République et du Premier ministre. Qu'ils se mettent d'accord pour convoquer le Conseil des ministres dans l'immédiat. Si le chef de l'État se trouve dans l'embarras, il peut demander à ses ministres de rester neutres, et si le Premier ministre veut se retirer, qu'il se retire. L'essentiel est qu'on finisse de ce dossier », a-t-il poursuivi.
« Tout ce que nous demandons, c'est un vote sur la demande de transfert à la Cour de justice, avec l'engagement préalable de respecter le résultat du vote. Et je peux certifier en mon nom et au nom du Hezbollah que nous ne ferons rien qui puisse paralyser le Conseil des ministres si nous perdons le vote », a-t-il conclu.
Répliquant à ces propos, le député Atef Majdalani, du Bloc du futur, a affirmé que « celui qui paralyse le Conseil des ministres, c'est celui qui conditionne la tenue du Conseil à l'adoption du dossier des faux témoins comme article unique à l'ordre du jour ».
« L'insistance du 8 Mars à transférer ce dossier à la Cour de justice vise à paralyser l'action du Conseil des ministres et du TSL. C'est aussi une violation de la déclaration ministérielle qui parle de l'engagement à respecter le TSL et, de plus, il s'agit d'un dossier vide et illégal », a estimé M. Majdalani.
Le ministre d'État Jean Oghassabian a souligné, au contraire de M. Berry, que « la balle est dans le camp du 8 Mars ». « Le dossier des faux témoins est imaginaire. C'est un dossier purement politique dont l'objectif est d'aboutir à la suppression du TSL », a-t-il estimé, rejetant tout lien entre l'action gouvernementale et une entente au sujet de l'acte d'accusation.
Également dans les rangs haririens, le député Ziad Kadri a accusé le 8 Mars de « pratiquer le sabotage de façon publique et solennelle ».
Selon lui, l'ex-opposition traite le dossier des faux témoins « avec des arrière-pensées politiques visant à créer un processus judiciaire parallèle à celui du TSL ».
De son côté, le ministre du Travail, Boutros Harb, a affirmé se refuser à toute polémique à ce sujet. « Je ne veux faire assumer la responsabilité à personne, mais les choses ne peuvent pas être réglées comme cela, a-t-il dit. Si le Hezbollah et ses alliés veulent que la vérité soit connue et que les faux témoins soient poursuivis, cela est possible par le biais de la justice ordinaire. »
De l'autre côté de l'échiquier politique, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah, proche de M. Berry, a assuré une nouvelle fois que l'ex-opposition ne prendrait pas part à une séance du Conseil des ministres qui ne serait pas consacrée au dossier des faux témoins.
Au sein du Hezbollah, le secrétaire général adjoint, cheikh Naïm Kassem, a estimé que l'acte d'accusation est « un instrument de chantage américain ». Quant à cheikh Nabil Kaouk, vice-président du conseil exécutif du parti, il a affirmé que « les objectifs de l'acte d'accusation sont tombés du fait de la solidité et de l'unité de la position » du 8 Mars.
Le député CPL Simon Abiramia a quant à lui fait valoir que « tout report de la parution de l'acte d'accusation est une preuve supplémentaire de la politisation du TSL et du fait qu'il reçoit ses ordres de certains présidents étrangers ».
Rejetant les accusations selon lesquelles le camp du 8 Mars paralyse l'action gouvernementale, M. Abiramia a dit : « Tout ce que demande ce camp, c'est de procéder au vote au niveau du dossier des faux témoins, et cela quel qu'en soit le résultat. C'est alors qu'il serait possible d'examiner d'autres questions. »


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