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Les dirigeants du Golfe en sommet sur fond de méfiance envers Washington

Les dirigeants des six monarchies du Golfe se réunissent lundi à Abou Dhabi en l'absence du roi Abdallah d'Arabie saoudite, hospitalisé aux Etats-Unis, au moment où les révélations de WikiLeaks montrent des relations empreintes de méfiance envers Washington.
Embarrassés par les câbles diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, qui ont montré l'ampleur de leurs craintes à l'égard de leur voisin iranien, les responsables du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont passé sous silence ces fuites au premier jour du sommet, dont le coup d'envoi devait être donné en début de soirée par le président émirati Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane.
La veille du sommet, auquel n'assiste pas le roi Abdallah, opéré à New York d'une hernie discale, ni le sultan Qabous d'Oman, de nouveaux câbles américains ont désigné les dons privés en Arabie saoudite comme "la principale source mondiale de financement de groupes terroristes sunnites".
Dans ces documents, des diplomates américains accusent des pays du Golfe, Qatar et Koweït en tête, de laxisme dans la lutte contre le financement de ces groupes.
"Les pays du CCG sont très consternés par les révélations de WikiLeaks", note l'analyste arabe Abdelwahab Badrkhan, spécialiste des affaires du Golfe. Il se dit "surpris" par celles relatives au financement de l'extrémisme, "Washington ayant loué la coopération de ces pays notamment ces deux dernières années".
Les rapports entre Washington et ses alliés du Golfe vont en pâtir, a averti l'universitaire émirati Abdel Khaleq Abdallah, selon qui ces monarchies "doutent désormais de la capacité de Washington d'assurer la confidentialité" de leurs contacts.
"La prudence sera de rigueur" dans les rapports CCG/Washington après les révélations de WikiLeaks "qui, à mon avis, n'auront pas d'impact direct sur leurs relations", a estimé M. Badrkhan.
"Les pays du Golfe ont besoin des Etats-Unis, et ces derniers ne peuvent pas se passer de ces pays où ils ont des intérêts pétroliers et stratégiques", a-t-il souligné.
Selon les câbles diplomatiques américains, les monarques saoudien et bahreïnis ont explicitement réclamé une intervention militaire contre l'Iran, le roi Abdallah d'Arabie saoudite demandant même à Washington de "couper la tête du serpent" pour détruire le programme nucléaire iranien.
Les pays du CCG, redoutant l'influence grandissante de leur voisin chiite, ne cachent plus leur frustration d'être écartés des négociations sur le programme nucléaire iranien, qui reprenaient lundi à Genève.
"Pourquoi le Golfe n'a aucun rôle dans le dialogue avec l'Iran ? Et pourquoi l'Occident et les +5+1+ pensent que le dossier du nucléaire les concerne exclusivement?", s'est interrogé le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane.
"Toute solution doit venir de la région (...) et le Conseil de coopération du Golfe doit avoir un rôle dans ce dialogue", a-t-il ajouté cette semaine, lors d'un forum sur la sécurité régionale à Manama.
Le sommet du CCG, qui doit évoquer la situation au Yémen, menacé par Al-Qaïda, et en Irak, sans gouvernement depuis neuf mois, fera le point sur le lent processus d'intégration économique de ses Etats-membres, dont le sous-sol contient 45% des réserves pétrolières mondiales et le cinquième de celles du gaz.
Une union monétaire est en cours d'élaboration, mais les Emirats n'ont pas l'intention de réintégrer ce projet dont ils s'étaient retirés en 2009 pour protester contre le choix de Ryad comme siège d'une future banque centrale régionale, a répété lundi le gouverneur de leur Banque centrale, Sultan Ben Nasser al-Suwaidi.
Les dirigeants des six monarchies du Golfe se réunissent lundi à Abou Dhabi en l'absence du roi Abdallah d'Arabie saoudite, hospitalisé aux Etats-Unis, au moment où les révélations de WikiLeaks montrent des relations empreintes de méfiance envers Washington.Embarrassés par les câbles diplomatiques américains diffusés par WikiLeaks, qui ont montré l'ampleur de leurs craintes à l'égard de leur voisin iranien, les responsables du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont passé sous silence ces fuites au premier jour du sommet, dont le coup d'envoi devait être donné en début de soirée par le président émirati Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane.La veille du sommet, auquel n'assiste pas le ...