Le Hezbollah voit « des risques » dans un transfert du dossier des « faux témoins » à la conférence de dialogue.
Le chef de l'État a reçu tour à tour l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora, le ministre Mohammad Safadi, les députés Hagop Pakradounian et Mohammad Raad, puis le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Comme au premier jour, Michel Sleiman a exprimé le souhait, devant ses visiteurs, d'œuvrer avec les différentes forces politiques pour dégager une solution à la crise autour du Tribunal spécial pour le Liban, parallèlement aux efforts syro-saoudiens déployés dans le même but. Il a jugé nécessaire de soumettre dans ce contexte des idées et des propositions de règlement au lieu de compter seulement sur l'aide externe. M. Sleiman a ainsi proposé que le dossier des « faux témoins » soit examiné par la conférence nationale de dialogue du moment que celle-ci est représentative de toutes les parties politiques et de redynamiser dans le même temps les institutions constitutionnelles, notamment le Conseil des ministres.
Il a affirmé comprendre les appréhensions des deux camps, tout en soulignant qu'il reste déterminé à poursuivre ses concertations jusqu'à trouver une solution à la crise.
Selon les informations obtenues par notre correspondante au palais présidentiel, Hoda Chédid, le député Mohammad Raad a communiqué au chef de l'État la position du Hezbollah par rapport à la question des « faux témoins » ainsi que « les risques » d'un transfert de ce dossier du Conseil des ministres à la conférence de dialogue. Selon des sources du parti, les composantes de l'opposition partagent le même point de vue et restent attachées au dialogue « engagé sur des bases déterminées ». Elles estiment que le gouvernement doit déférer le dossier des « faux témoins » devant la Cour de justice et rejettent tout acte d'accusation impliquant le Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri.
En revanche, M. Siniora a indiqué durant son entrevue avec le président qu'il ne voit pas d'inconvénient à ce que le chef de l'État ajoute à l'ordre du jour de la conférence et « pour des raisons exceptionnelles » l'affaire des « faux témoins », mais à condition que les débats ne s'étendent pas au-delà de ce dossier. Idem pour M. Safadi qui a cependant insisté sur le fait que la conférence de dialogue ne doit pas se substituer aux institutions. « L'important est que celui qui participe au dialogue réalise qu'il fait des concessions à tout le Liban et non pas à une partie déterminée », a estimé pour sa part M. Pakradounian qui a communiqué au président l'appui du Tachnag au dialogue.
Le chef de l'État doit encore rencontrer le Premier ministre, Saad Hariri, le chef du PSP, Walid Joumblatt, et le député Talal Arslane, après leur retour au Liban, peut-être lundi.


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