"Je n'ai pas un sou dans les banques suisses, donc je n'ai rien à prouver", a-t-il dit devant la presse à Ankara.
M. Erdogan, visiblement en colère, s'en est pris avec vigueur à la presse libérale et à l'opposition turque qui se sont fait l'écho des révélations de Wikileaks, les accusant de "relayer avec opportunisme des commérages".
"Si vous (la presse et l'opposition) prouvez que ces allégations sont avérées, je quitterai mon poste, mais en ferez-vous de même?", a-t-il martelé.
M. Erdogan a aussi appelé Washington à "demander des comptes" aux auteurs des télégrammes mettant en cause sa personne et son pays pour leur "commentaires erronés" et "diffamations".
Dans une note diplomatique classée "secrète" du 30 décembre 2004, l'ambassadeur américain à l'époque en poste à Ankara, Eric Edelman, écrit: "Nous avons entendu de deux contacts qu’Erdogan a huit comptes dans des banques suisses". Le diplomate écrit que les explications d'Erdogan au sujet de sa fortune personnelle sont "boiteuses".
Erdogan, au pouvoir depuis 2003, explique, selon M. Edelman, que ses biens proviennent de cadeaux offerts par des invités au mariage de son fils et qu’un homme d’affaires turc paie tous les frais d’éducation de ses quatre enfants aux Etats-Unis.
Les soupçons soulevés par l’ambassadeur américain à Ankara à propos de la fortune du Premier ministre ont été utilisés par le chef de l'opposition au Parlement, Kemal Kiliçdaroglu, qui a invité M. Erdogan a s'expliquer.
Plusieurs procès ont été intentés dans le passé contre M. Erdogan sur l’origine de sa fortune, et a chaque fois il a été blanchi.

