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Liban

Entre impasse et contacts régionaux, une petite lueur d’espoir...

Avec l'arrivée du mois de décembre, les délais se raccourcissent et la question cruciale est désormais la suivante : y a-t-il encore une possibilité de conclure un compromis interne avant la publication de l'acte d'accusation du procureur Bellemare prévu aux alentours de la mi-décembre ? Des sources proches du Courant du futur affirment que Saad Hariri est prêt à adopter une « position nationale en sa qualité de Premier ministre de tous les Libanais », mais après la publication de l'acte d'accusation, arguant du fait qu'il ne peut pas le rejeter tant que sa teneur n'a pas encore été divulguée. Dans le camp adverse, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré à plusieurs reprises, et il l'a répété dans son dernier discours dimanche, qu'il n'est pas question d'accepter un compromis après la publication de l'acte d'accusation, car à ce moment-là, « il sera trop tard ».
Les proches du Premier ministre estiment que Saad Hariri ne peut absolument pas rejeter la teneur de l'acte d'accusation avant de connaître celui-ci, non seulement parce que ce serait une position illogique et non professionnelle, mais aussi parce que le Hezbollah est actuellement en position de force, alors qu'il le serait moins après la publication de l'acte d'accusation si celui-ci impliquait réellement des membres de ce parti. Le compromis serait alors, pour son camp, plus acceptable et plus équilibré. Mais le Hezbollah ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, une fois l'acte d'accusation publié, qui pourra garantir que l'idée de compromis sera toujours acceptée par l'autre camp ? Qui peut assurer à ce parti que, le voyant affaibli par cette mise en cause d'un certain nombre de ses membres, même indisciplinés ou travaillant pour le compte d'autres parties ou services de renseignements, des parties internes ne préféreraient pas enfoncer le clou et mener campagne contre lui ? Comme l'avait dit le président syrien Bachar el-Assad au Premier ministre au cours d'une de leurs rencontres : « Nous pouvons à la limite nous porter garants des chiites, pouvez-vous
en faire autant de votre
camp ? » Le Hezbollah est ainsi convaincu qu'une fois l'acte d'accusation publié, le piège se sera refermé sur lui et il sera trop tard pour conclure un compromis. S'il veut bien croire à la bonne foi du Premier ministre, il ne peut pas non plus ignorer la menace que représentent pour lui d'autres composantes du 14 Mars et surtout les parties étrangères qui les appuient. Bref, il sent qu'il a le couteau à la gorge, et comme l'a expliqué Nasrallah, l'acte d'accusation annoncé n'est pour lui qu'un des épisodes du complot ourdi contre lui par les États-Unis et Israël.
Face à ces positions inconciliables, il devient de plus en plus difficile de trouver un compromis qui pourrait épargner au Liban l'épreuve de force entre les deux camps. C'est d'ailleurs pourquoi les parties libanaises avaient préféré s'en remettre aux contacts syro-saoudiens censés trouver une issue à cette crise. Selon le président de la Chambre, l'un des plus farouches défenseurs de la thèse d'une solution syro-saoudienne, ces contacts étaient sur le point d'aboutir à un résultat concret, mais la maladie du roi Abdallah a retardé le processus. L'intervention chirurgicale a eu beau bien se passer, le roi a quand même besoin de 45 jours de convalescence, et son fils préféré, l'émir Abdel Aziz, qu'il avait chargé du dossier épineux des relations avec la Syrie, est forcément auprès de lui. Selon un député de Beyrouth qui connaît bien le dossier saoudien, les contacts avec la Syrie seront désormais confiés à l'émir Bandar ben Sultan, en attendant le retour de Abdel Aziz. Mais l'émir Bandar avait un contentieux avec la Syrie que les autorités de Damas n'ont accepté de fermer qu'à la demande expresse du roi Abdallah. Il n'est donc pas l'interlocuteur favori des Syriens, mais ils feront avec, même s'ils pensent qu'à travers lui, les Américains sont devenus partie prenante aux négociations pour trouver une issue à la crise dite de l'acte d'accusation. Ce qui a d'ailleurs fait dire au député de Beyrouth précité : « On dirait que Dieu lui-même est contre ces contacts. » Ceux-ci doivent pourtant se poursuivre, même s'ils risquent de ne pas repartir du point déjà atteint pour revenir un peu en arrière. D'ailleurs, pour éviter d'éventuels dérapages au Liban, le roi Abdallah aurait demandé à l'émir du Qatar et au Premier ministre turc de se rendre au Liban pour bien montrer que « la couverture arabo-musulmane » continue de protéger le Liban... Au moins jusqu'à la publication de l'acte d'accusation.
D'ici là, certaines sources diplomatiques affirment qu'il existe encore une fenêtre d'espoir. Elle pourrait intervenir pendant le délai accordé au juge de la mise en état Daniel Fransen pour étudier l'acte d'accusation préparé par le procureur Bellemare. En effet, selon la procédure adoptée par le TSL, le procureur doit envoyer son acte au juge de la mise en état, lequel a le pouvoir de le publier, de le rejeter pour insuffisance de preuves ou encore de décider d'en publier une partie et de laisser l'autre secrète pour des raisons qui lui sont propres. Ce délai, estiment les mêmes sources diplomatiques, pourrait être mis à profit pour accélérer l'adoption d'un compromis. Ce serait là aussi l'explication de la distinction établie par le ministre syrien des AE, Walid Moallem, dans sa dernière déclaration, entre ce qu'il a appelé « l'acte de suspicion » (préparé par le procureur Bellemare) et l'acte d'accusation proprement dit, qui est ratifié par le juge Fransen. C'est donc à ce dernier qu'appartient la décision finale au sujet de l'acte d'accusation. Des sources de l'opposition voient d'ailleurs dans la publication du documentaire sur la chaîne publique canadienne CBC (qui impliquait le Hezbollah, mais posait aussi des questions sur le rôle du colonel Wissam el-Hassan) une tentative de pression occidentale à la fois sur le procureur Bellemare pour qu'il achève au plus vite la rédaction de son rapport et sur le Premier ministre pour qu'il ne soit pas tenté de céder aux pressions du Hezbollah et de ses alliés arabes et régionaux... On le constate aisément, la situation reste très complexe, et le mois de décembre s'annonce décisif.
Avec l'arrivée du mois de décembre, les délais se raccourcissent et la question cruciale est désormais la suivante : y a-t-il encore une possibilité de conclure un compromis interne avant la publication de l'acte d'accusation du procureur Bellemare prévu aux alentours de la mi-décembre ? Des sources proches du Courant du futur affirment que Saad Hariri est prêt à adopter une « position nationale en sa qualité de Premier ministre de tous les Libanais », mais après la publication de l'acte d'accusation, arguant du fait qu'il ne peut pas le rejeter tant que sa teneur n'a pas encore été divulguée. Dans le camp adverse, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré...
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