C'est au Volksoper, l'Opéra populaire, que Dominique Meyer et Manuel Legris se lancent dans un autre défi avec un ballet à thématique franco-autrichienne sur la princesse habsbourgeoise puis reine de France.
Le tandem français avait d'abord emporté l'adhésion du difficile public viennois avec un opéra rarement joué du compositeur allemand Paul Hindemith (1895-1963), "Cardillac", puis un programme de danse résolument contemporain, d'inspiration américaine, intitulé "Joyaux du Nouveau Monde". Le 14 novembre, de nouveau un énorme succès avec le grand retour de l'opéra baroque, un genre banni sur la scène viennoise depuis plus de 18 ans, en l'occurrence "Alcina" de Georg Friedrich Händel (1685-1759).
La danse, parente pauvre du Staatsoper durant les 18 ans de règne de l'Austro-Roumain Ioan Holender, fait elle aussi un retour en force, sous l'impulsion de Manuel Legris.
Patrick de Bana, élève du chorégraphe français Maurice Béjart (1927-2007), qui avait déjà fait en 2009 un pas de deux sur le thème de Marie-Antoinette avec la danseuse-étoile française de l'Opéra de Paris Agnès Letestu, a répondu à l'appel de Manuel Legris afin de créer un ballet entier. Et si Agnès Letestu ne fait pas partie de la troupe, elle sera cependant présente samedi soir car celle qui a ajouté une deuxième corde à son arc professionnel en tant que costumière a créé les costumes pour cette chorégraphie.
"Marie-Antoinette était une Autrichienne qui vivait à Paris, à Versailles. Manuel Legris, c'est un Parisien qui vit à Vienne. Il s'agit donc d'un certain échange culturel, d'une correspondance entre deux pays, d'un échange aussi entre deux époques", a déclaré Patrick de Bana. Pour lui, "Marie-Antoinette" est donc "plutôt un ballet multi-époques que multi-culturel".
Né de mère allemande et de père nigérien, avec des grands-parents hongrois et polonais côté maternel, il aime se décrire, avec une pointe d'ironie par rapport à lui-même, comme "United Colours of Benetton": "L'échange, la mixité de cultures, c'est dans mon sang, c'est depuis ma naissance. J'ai connu beaucoup de cultures différentes et c'est ce qui a fait de moi une personne très curieuse, qui aime apprendre, voir de nouvelles choses", a-t-il ajouté. Et il ne manque jamais d'évoquer son travail en Colombie, en Israël, son travail sur la musique et la danse flamenco avec des gitans.
"Pour moi, il n'y a pas de différence entre la scène et la vraie vie. La scène est la vraie vie et la vraie vie est une grande scène", a poursuivi Patrick de Bana. "Il faut pas se mettre des frontières, il ne faut surtout pas se mettre des barrières, ce qu'il faut faire c'est rêver et avoir des illusions".
Côté musique, la troupe viennoise évoluera, entre autres, sur des morceaux d'Antonio Vivaldi (1678-1741), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Josef Haydn (1732-1809) et une oeuvre spécialement créée par le compositeur contemporain espagnol Luis Miguel Cobo.


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