"Nous avons dit depuis le début que ces deux questions sont indépendantes l'une de l'autre", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast.
"La question d'un échange de combustible est une chose, et celle du dialogue avec les 5+1 en est une autre. Si ces deux questions ne sont pas traitées de façon totalement indépendantes, cela créera des problèmes à l'avenir", a-t-il ajouté.
Cette mise au point intervient alors que l'Iran et les 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) envisagent de reprendre en novembre leurs discussions autour du programme nucléaire iranien controversé.
Ces discussions ont été interrompues après le rejet par l'Iran en octobre 2009 d'un projet d'échange de son uranium faiblement enrichi contre du combustible hautement enrichi dont il a besoin pour son réacteur de recherche nucléaire de Téhéran.
Ce projet, présenté par les grandes puissances comme destiné à créer un climat de confiance entre les deux parties, avait été discuté dans le cadre du "groupe de Vienne", émanation des 5+1 réunissant les Etats-Unis, la Russie et la France sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
L'Iran a répété depuis qu'il souhaitait conserver cette séparation entre les deux sujets, même si le responsable du programme nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, a admis récemment que les discussions avec les 5+1 et le groupe de Vienne pouvaient être "simultanées".
Aucune réunion du groupe de Vienne n'est toutefois pour l'instant envisagée, alors que des fuites dans la presse internationale ont laissé entendre que les 5+1 préparaient un nouveau projet d'échange de combustible, plus dur que le précédent, qu'ils pourraient vouloir inscrire à l'ordre du jour de leur prochaine réunion avec l'Iran.

