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Liban - Coopération

Nouvel élan de la coopération italienne pour le développement au Liban

L'Italie a réitéré hier son engagement à aider le Liban. Une coopération qui prend un nouvel essor et vise, entre autres, à renforcer et soutenir le processus de décentralisation dans le pays.

Depuis 2006, le Liban occupe la deuxième place sur la liste des bénéficiaires de l'aide de la Coopération italienne au monde. Une aide qui ne risque pas de s'amoindrir, mais qui prend un nouvel élan avec de nouvelles stratégies visant la décentralisation de cette coopération.
» La coopération italienne pour le Liban est d'autant plus importante qu'elle englobe l'ensemble des régions libanaises toutes communautés confondues, affirme ainsi à L'Orient-Le Jour l'ambassadeur Giuseppe Morabito, en marge des travaux d'un congrès de deux jours sur « Les nouvelles stratégies de la coopération italienne décentralisée au Liban ».
« À travers cette coopération, nous essayons de renforcer les liens entre les municipalités et les régions italiennes, d'une part, et les régions libanaises, d'autre part », ajoute M. Morabito, précisant en outre que cette coopération a pour objectifs principaux d' « améliorer le développement local, de créer des relations stables entre le contingent italien dans les zones où il se trouve et les régions et entités libanaises » . « Sur le plan politique, cette coopération a pour but de contribuer à travers les régions et le dialogue entre des communautés - qui peuvent être parfois divisées - à la paix et à la stabilité du Liban » , insiste-t-il.
Organisé par le programme Art Gold du PNUD, le Bureau de la coopération italienne et la Région de Toscane en Italie, le congrès a été inauguré hier sous l'égide du ministre de l'Intérieur, représenté par son conseiller politique, Rabih el-Chaër.
Dans une allocution, ce dernier a déclaré que le ministère de l'Intérieur prépare un projet global de décentralisation administrative, en collaboration avec le Bureau de la coopération italienne et le PNUD. Des ateliers de travail s'étalant sur six à huit mois seront organisés dans ce cadre avec les municipalités pour arriver à un projet de loi sur la décentralisation administrative élargie au Liban, a expliqué M. Chaër, soulignant par ailleurs que le ministère de l'Intérieur et la Banque mondiale sont en train d'élaborer un plan de réforme de la Caisse autonome des municipalités et des taxes municipales.
Quelle est l'importance d'un tel projet ? « La situation qui prévaut au Liban après la guerre de 2006 constitue une occasion extraordinaire pour réaliser une décentralisation capable de réconcilier le pays », répond le conseiller du président de la Région toscane pour la coopération et les relations internationales, Massimo Toschi, en marge du congrès. « La guerre a divisé les Libanais, ajoute-t-il. Il est donc nécessaire de réconcilier le pays pour qu'il soit capable à son tour d'œuvrer en faveur d'une réconciliation au Moyen-Orient. »
Soulignant l'urgence de passer d'une « démocratie des communautés à celle des citoyens », M. Toschi fait remarquer que pour ce faire, une « nouvelle loi électorale est nécessaire ainsi qu'une nouvelle forme courageuse de l'administration ». « Si le Liban réussit à relever ce défi, il aura un rôle décisif à jouer pour réconcilier tout le Moyen-Orient, insiste-t-il encore. Malheureusement, il y a une résistance à ce processus de décentralisation. » Et d'affirmer : « Nous sommes ici parce que nous pensons que sans le Liban, une Méditerranée de paix ne serait pas possible. Le pape Jean-Paul II avait dit que le Liban est un pays message. Cela est vrai aujourd'hui. Et le message est celui de paix. »

Les bases de la nouvelle stratégie
Ces nouvelles stratégies de décentralisation consistent à « rendre les institutions libanaises responsables du soutien apporté aux municipalités » , note le directeur du Bureau de la coopération italienne, Fabio Melloni. Il explique que l'une des perspectives de cette stratégie sera de rassembler les bailleurs de fonds « pour éviter que nous ne restions seuls » . C'est le cas actuellement avec la Commission européenne. D'un autre côté, « il s'agit d'élaborer un programme pour le ministère de l'Intérieur qui consiste, d'une part, à aider cette institution dans la gestion du projet de décentralisation et, d'autre part, à créer un fonds de ressources financières que le ministère pourrait canaliser vers les municipalités pour financer des projets de développement, susceptibles de répondre aux besoins non seulement d'une seule municipalité, mais de toute une région ». « De cette manière, la Coopération italienne ne sera pas seule à financer un projet, mais c'est le gouvernement qui le fera avec l'aide de cette coopération, de manière à donner un modèle de financement qui va du centre à la périphérie », explique M. Melloni.
Mais les défis à relever ne sont pas des moindres. « Les municipalités doivent se mettre en commun et répondre aux besoins de la collectivité, estime M. Melloni. Il faudrait également faire en sorte de suivre une politique nationale dans les différents secteurs de l'environnement, du social et de la santé. »
Le directeur du programme Art Gold du PNUD au Liban, Francesco Bicciatio, a indiqué pour sa part que les projets réalisés dans le cadre de ce programme « passent d'une phase de reconstruction à une phase de développement durable » . « Pour atteindre cet objectif, il s'agit de soutenir, d'une part, les petites et moyennes entreprises libanaises et, d'autre part, le principe d'"ownership", qui est le mécanisme d'appropriation des autorités locales libanaises à travers une stratégie générale du gouvernement, qui leur permet de gérer d'une manière autonome les projets dans leurs localités. Cela est d'autant plus important qu'il s'agit d'une continuation logique du programme que nous avons développé l'année dernière concernant la participation et la création de groupes de travail locaux. »
Dans cette nouvelle phase de coopération, Art Gold envisage deux grands projets. Le premier consiste à créer des plans de développement stratégique dans différentes régions, ce qui permet d' « éviter la dispersion des interventions sur l'ensemble du territoire ». Le second projet prévoit des sessions de formation technique au sein des municipalités.

 

N. M.

Depuis 2006, le Liban occupe la deuxième place sur la liste des bénéficiaires de l'aide de la Coopération italienne au monde. Une aide qui ne risque pas de s'amoindrir, mais qui prend un nouvel élan avec de nouvelles stratégies visant la décentralisation de cette coopération.» La coopération italienne pour le Liban est d'autant plus importante qu'elle englobe l'ensemble des régions libanaises toutes communautés confondues, affirme ainsi à L'Orient-Le Jour l'ambassadeur Giuseppe Morabito, en marge des travaux d'un congrès de deux jours sur « Les nouvelles stratégies de la coopération italienne décentralisée au Liban ».« À travers cette coopération, nous essayons de...
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