Didier Deschamps, l’entraîneur de l’OM, peut enfin se réjouir de son attaquant de pointe André-Pierre Gignac, auteur d’un quadruplé face aux Slovaques de Zilina. Joe Klamar/AFP
L'heure n'est pas encore à l'euphorie. L'embellie est en revanche perceptible.
En jambes d'entrée de match, plus sur le flanc gauche que dans l'axe d'ailleurs, agressif dans les duels, l'ex-Toulousain a pesé sur la - frêle - défense slovaque. Un but d'instinct d'une déviation du genou, un autre tout en puissance sur un service de Kaboré, un 3e d'une tête plongeante : « Dédé » a eu mercredi tous les gestes et l'attitude qu'on attend d'un buteur, pour son premier triplé depuis la saison 2006-2007 sous le maillot de Lorient.
Il était temps. Forçant trop ses frappes, semblant en retrait physiquement, Gignac parvenait mal à trouver sa place dans l'organisation d'une équipe où les tâches offensives sont mieux réparties qu'à Toulouse. À sa décharge, l'homme ne s'est jamais départi d'un certain altruisme, encore moins de sa combativité. Pas de quoi pour autant satisfaire l'exigent public marseillais, dont une partie n'a pas hésité à le siffler récemment...
Joueurs et entraîneur assurent en tout cas qu'ils n'ont, eux, jamais douté de son potentiel. « Je ne faisais pas de souci, car il travaille dur et au bout d'un moment ça paye », explique ainsi son coéquipier d'attaque Loïc Rémy. « Cela l'a mis en confiance pour la suite. Il a essuyé de nombreuses critiques, mais je le vois bosser à l'entraînement », corrobore le défenseur Souleymane Diawara, alors que le coach Didier Deschamps, rappelant que Gignac n'a disputé que trois matches de Ligue des champions dans sa carrière, a pu ainsi « emmagasiner de la confiance et de l'expérience ». Une manière de rappeler qu'à 24 ans seulement, l'ex-meilleur buteur de L1 (24 réalisations en 2008-2009) est encore en phase d'apprentissage du haut niveau, lui qui n'a connu jusqu'à présent que des clubs à pedigree nettement moins ronflant que l'OM.
L'intéressé, lui, a snobé la presse à sa sortie des vestiaires, comme il l'a déjà fait à plusieurs reprises cette saison. Sur l'antenne de Canal+, codétenteur des droits de la Ligue des champions, il a cependant indiqué : « Nous commençons à nous connaître. Il faut un temps d'adaptation, ce n'est pas facile », avant d'ajouter, vraisemblablement pour tempérer les enthousiasmes : « Ce n'est pas parce que j'ai marqué trois buts que je vais faire pareil tous les week-ends, même si j'aimerais bien. ». Le Vélodrome n'en demande pas tant, mais il attend de Gignac de la continuité dans la performance. À défaut de quoi le joli triplé de Zilina sera vite oublié.

