"J'ai été libéré par des Américains, ils sont arrivés en premier, et les Irakiens après", a raconté un jeune homme de 18 ans, interrogé devant l'église peu après le carnage dimanche soir, au cours duquel 42 chrétiens sont morts, dont deux prêtres, et 25 ont été blessés.
Un homme se précipitant vers l'église, peu après que les bombardements et les tirs ont cessé, a indiqué que sa mère et sa jeune soeur venaient de l'appeler depuis l'intérieur.
"Ma mère vient d'appeler de son téléphone portable pour dire que les Américains les ont libérées, et elle attend devant l'église", a expliqué Youssef Fathallah, un commerçant de 30 ans.
Un journaliste de l'AFP a vu trois soldats américains en tenue d'assaut, dans la pénombre entourant la cathédrale dimanche soir - "Il se peut qu'il y en ait eu davantage, mais ils se tenaient dans la pénombre", a-t-il indiqué.
Le commandement militaire américain en Irak a reconnu avoir fourni son aide, tout en précisant que des "équipes de conseillers" étaient seulement "près de la scène".
"Les forces américaines dans leur rôle de conseil et d'assistance ont fourni une aide, en matière de renseignements, de surveillance et de reconnaissance" aux forces de sécurité irakiennes, selon un communiqué militaire américain.
L'armée américaine a précisé avoir fourni "des équipes de conseillers au commandants des forces irakiennes près de la scène".
Mais Samir al-Shouaili, porte parole des forces anti-terroristes irakiennes, a affirmé qu'aucun Américain n'avait participé à l'assaut.
"Les forces anti-terroristes sont les seules à s'être lancées à l'assaut de l'église, il n'y avait absolument aucun Américain. La police et l'armée irakiennes étaient aussi présentes en renfort," a-t-il déclaré.
Un responsable au ministère de l'Intérieur a indiqué que sept membres des forces de sécurité ont été tués, et 15 blessés.
Huit attaquants ont été tués et cinq arrêtés après l'assaut, a-t-il ajouté.
Malgré la fin de leur mission de combat fin août, les troupes américaines peuvent toujours utiliser la force, si elles sont attaquées ou si l'Irak sollicite leur aide.
Les chrétiens d'Irak ont été la cible de nombreux actes de violences, dont des meurtres et des enlèvements. Des centaines d'entre eux ont été tués et plusieurs églises attaquées depuis l'invasion menée par les Américains en 2003 pour renverser Saddam Hussein.
"Ce qui est certain, c'est que les membres de ma communauté vont tous quitter l'Irak", a déploré le vicaire épiscopal des syriaques catholiques, Mgr Pios Kasha.
Selon le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE), l'Etat islamique d'Irak (ISI), un groupe de la mouvance d'el-Qaëda, a revendiqué lundi l'attaque en donnant un ultimatum de 48 heures à l'Eglise copte d'Egypte pour libérer des musulmanes "emprisonnées dans des monastères" du pays.


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