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Culture - Concert

De la dynamite, cette Shica !

La Shica, formation musicale espagnole menée par Elsa Rovayo, sorte de « supernana » qui chante, danse, fait le pitre, a fait exploser tous les clichés liés au flamenco et à la copla en offrant, au palais de l'Unesco, un spectacle plein de peps, de rock et d'excentricités.

La Shica et ses acolytes sur la scène de l’Unesco : José Luis Ordóñez à la guitare, Pablo Martín à la batterie et Guillem Aguilar à la basse.

Elle chante, danse, raconte - volubile, mais en espagnol! - des histoires, La Shica. Certaines liées à son propre vécu, d'autres expliquant tel ou tel morceau. Elle interprète un air nostalgique, évoquant la peine que laisse derrière lui celui qui s'en va, puis passe à un morceau folklorique dont elle rompt brusquement le flot mélodique par des passages rock, relève, ensuite, sa jupe et attrape un éventail rouge, pour enchaîner sur de fougueux « zapateados ». Ces claquements de talons purement flamenco, qu'elle accorde aux sonorités « détonantes » de la batterie, dans une innovation à effet impressionnant ! Et dont les planches du palais de l'Unesco, où La Shica (surnom d'Elsa Rovayo devenu, par extension, l'appellation de son groupe) s'est produite, au cours du week-end, à l'invitation de l'institut Cervantès et de l'ambassade d'Espagne, se souviendront !
Ce ne sont là que quelques exemples du chambardement des règles de la tradition musicale espagnole que s'amusent à opérer La Shica et ses musiciens (un batteur, un guitariste et un bassiste) dans leurs concerts. Lesquels tiennent, d'ailleurs, plus de la performance scénique multivitaminée que de la pure interprétation de chansons.

Entre Lady Gaga et Lola Flores
De la dynamite sur scène, cette Shica ! Avec sa coupe au carré, graphique, noir de jais, piquée d'une fleur rouge au-dessus de l'oreille et sa longue robe noire à la jupe fleurie de bohémienne, elle évoque une sorte de mélange entre Lady Gaga et Lola Flores.
Cette artiste charismatique, à multifacettes, qui se livre aussi bien à des parodies désopilantes qu'à des mises en scène dramatisantes, est, en fait, inclassable. Tout comme son spectacle qui dynamite les poncifs liés aux musiques folkloriques de son pays pour créer un genre nouveau : fusion de la copla (chanson populaire espagnole du siècle dernier), du flamenco, du rock, du rap et du funk.
Un cocktail de sons différents, mariant les rythmes saccadés, parfois même explosifs, aux mélodies sentimentales, que La Shica sert, accompagné d'une scénographie pleine de punch, même lorsqu'elle interprète les coplas les plus tristes. Ces musiques à texte, tirées du patrimoine de la chanson et de la poésie espagnoles, qui racontent généralement des histoires d'amour, de mort, de séparation, de douleur ou de solitude, et dont elle réussit à transmettre l'émotion ou l'atmosphère à un auditoire, en grande partie, non hispanophone. Certes, il aurait mieux valu que cette grande bavarde - comme elle se qualifie elle-même ! - introduise ses chansons, également, dans une autre langue, accessible au plus grand nombre. Il n'empêche qu'avec ses trois mots d'anglais, son baragouin en espagnol, son expressivité, sa vitalité et sa sympathie naturelle, elle a largement séduit un public venu, pour une large part, par curiosité. Et qui sortira, au bout d'une heure trente de concert - traversé aussi bien d'un sketch burlesque que de ses confidences d'ex-femme maltraitée - ravi par sa découverte. Celle d'une « artiste révélation » et « auteur révélation » nominée aux Prix de la musique 2009 (l'équivalent espagnol des Victoires de la musique en France) à l'univers à la fois déjanté et sensible.
Elle chante, danse, raconte - volubile, mais en espagnol! - des histoires, La Shica. Certaines liées à son propre vécu, d'autres expliquant tel ou tel morceau. Elle interprète un air nostalgique, évoquant la peine que laisse derrière lui celui qui s'en va, puis passe à un morceau folklorique dont elle rompt brusquement le flot mélodique par des passages rock, relève, ensuite, sa jupe et attrape un éventail rouge, pour enchaîner sur de fougueux « zapateados ». Ces claquements de talons purement flamenco, qu'elle accorde aux sonorités « détonantes » de la batterie, dans une innovation à effet impressionnant ! Et dont les planches du palais de l'Unesco, où La Shica (surnom d'Elsa Rovayo devenu,...
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