Pierre Achkar, président de la municipalité de Broummana, espère que le village réussira à s’adapter aux besoins de sa clientèle. Photo Anne-Marie El-Hage
M. Achkar regrette, en revanche, que la saison ait été courte, observant qu'elle l'a été pour tout le Liban. Il note que les prochaines saisons touristiques seront aussi courtes, le jeûne du ramadan tombant l'été, durant sept années consécutives. «L'idéal serait d'envisager d'attirer une clientèle autre que les Arabes, durant ces périodes creuses. Mais encore faudrait-il que le pays devienne complètement stable sur le plan sécuritaire», suggère-t-il à ce propos. Pierre Achkar constate, de plus, que les grands princes arabes, notamment saoudiens, koweïtiens et émiratis, ne sont pas venus au Liban cet été. «Ils craignaient pour leur sécurité», souligne-t-il, mettant en exergue la précarité de la situation dans le pays.
Évoquant, par ailleurs, la grogne du secteur touristique à Broummana, le président de la municipalité insiste sur la nécessité pour la localité de «s'adapter aux exigences du marché et d'encourager la clientèle à fréquenter la station». «Broummana n'est pas Beyrouth. Ce village dont la population atteint 18000 habitants en été, ne peut donc afficher les prix de la capitale», dit-il. Et d'ajouter, faisant référence au souk du village, que «les commerces doivent s'adapter à la demande, en privilégiant les marques et la qualité, car la clientèle est aisée et exigeante». Il affirme aussi que nombre de Beyrouthins continuent d'acheter des appartements dans la région, malgré la flambée des prix. «Mais cette flambée entrave le développement du village», déplore-t-il.
Répondant aux nostalgiques de la période où les embouteillages faisaient la réputation de Broummana, M. Achkar affirme que ces embouteillages ne se répéteront pas, à cause notamment de l'ouverture de la voie rapide qui dessert désormais toute la région. Il met également en relief la morphologie de Broummana, village dépourvu d'une place et dont les restaurants et les commerces sont clairsemés. «Le pays dans sa totalité est désormais accessible aux visiteurs», dit-il. Concernant l'absence d'activité promotionnelle, cette année, il précise que la municipalité a essuyé d'importantes pertes, l'année dernière, à l'issue du festival. «Frais qui n'ont pas été supportés par le ministère du Tourisme, malgré ses promesses», regrette-t-il.


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