Séance d’entraînement pour Samuel Eto’o, hier, à Appione Gentile, près de Milan. Olivier Morin/AFP
Le roi a libéré le prince. D'un centre décisif contre Bari, samedi, le « Roi Lion » Eto'o a permis au « Principe » Milito (leurs surnoms à l'Inter) de sortir de quatre mois de frustrations. L'Argentin n'avait plus marqué depuis son doublé en finale de la dernière C1...
Certes, ni l'un ni l'autre n'a marqué contre l'AS Rome samedi (défaite 1-0), mais l'Inter avait adopté une tactique très prudente, ce qui ne devrait pas être le cas contre le Werder.
Pour confirmer qu'il était sorti de sa léthargie, Milito a même signé un doublé contre Bari (Eto'o aussi, sur penalty, 4-0 score final). Marquer contre Brême, sur la scène européenne qui l'a révélé au monde la saison dernière, signerait vraiment son grand retour. Milito (31 ans) a d'ailleurs tout fait pour participer à ce match, passant sept heures aux soins lundi pour se remettre d'une petite élongation à la cuisse droite. Cette abnégation à la Rocky sied à Milito, à qui sa lippe boudeuse donne des airs de ressemblance avec l'acteur Sylvester Stallone.
En marquant à nouveau, il pourrait oublier un Mondial 2010 frustrant, 91 minutes de jeu en deux matches et aucun but, Diego Maradona lui préférant Gonzalo Higuain. Il effacerait aussi un début de saison 2010-2011 qui l'a vu rater des buts faciles, même si son public lui conservait son amour, banderoles à l'appui (« Diego : nous n'avons pas oublié tout ce que tu as fait, San Siro avec toi » ). Eto'o en revanche a entamé la saison crinière au vent : déjà 8 buts toutes compétitions confondues. Il a même porté sur ses épaules l'Inter à la sauce Rafael Benitez, l'Espagnol ayant demandé du temps pour façonner son équipe à sa façon, après deux saisons de José Mourinho.
À Twente (2-2), au premier match de poules, il a sorti le tenant du titre de l'ornière en égalisant d'un superbe but de « bomber », comme on appelle les buteurs en Italie.
Le Camerounais est certes un peu moins discipliné que la saison dernière pour couvrir son couloir gauche en phase défensive, ce qui fait grincer le défenseur roumain Christian Chivu, qui partage son côté. Peut-être après une saison où il a défendu avec rigueur, mais marqué seulement 12 buts en série A, entend-il retrouver ses statistiques des années barcelonaises (30 buts en Liga en 2008-2009). Il a marqué cette volonté en frappant le second penalty contre Bari, alors que Milito lui demandait le ballon. « Je t'ai débloqué tout à l'heure, alors celui-là aussi est pour moi », a répondu Eto'o. Et son partenaire l'a accepté de bonne grâce. « C'est moi qui déciderai qui tire les penalties », a depuis promis Benitez pour éviter des frictions entre ses deux stars, sans dire devant la presse qui du roi ou du prince aurait ce privilège.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine