A Bruxelles, un responsable allié a répondu que que l'Otan a le droit de se défendre dans le cadre de son mandat en Afghanistan. "Les troupes de l'Isaf doivent exercer leur droit de se défendre et elles l'exerceront", a déclaré à AFP ce responsable de l'Otan,
L'Isaf avait annoncé dimanche dans un communiqué publié à Kaboul que des attaques menées vendredi par des hélicoptères de la force internationale de l'Otan (Isaf) en Afghanistan avaient fait 30 morts parmi les "insurgés" islamistes.
Selon le Pakistan, les hélicoptères ont pénétré à deux reprises sur son territoire depuis la province orientale afghane de Khost, à la poursuite des rebelles.
"Ces incidents constituent une violation claire et une rupture du mandat de l'Onu dans le cadre duquel opère l'Isaf", a affirmé le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Abdul Basit, dans un communiqué.
Selon le communiqué de l'Isaf, "une escadre aérienne a engagé le combat contre un nombre significatif d'insurgés après une attaque contre un poste reculé de la Force de sécurité nationale afghane (ANSF) vendredi dans la province de Khost".
"L'ANSF a essayé des tirs directs et indirects contre le poste de combat de Narizah près de la frontière pakistanaise. Une escadre aérienne a constaté les tirs ennemis et suivant les règles d'engagement de l'Isaf a pénétré dans la zone de feu ennemie", précisait le texte.
Les appareils de l'ISAF ont alors tiré contre les rebelles tuant plus de 30 personnes, selon le communiqué qui ajoutait que les deux hélicoptères étaient revenus samedi dans cette zone frontalière et avaient tué plusieurs autres insurgés islamistes.
"Les informations préliminaires indiquent qu'aucun civil n'a été tué ou blessé durant l'opération", ajoutait l'Isaf.
Mais pour le Pakistan, le mandat de l'Isaf "prend fin et se termine " à la frontière afghane.
"Il n'y a pas d'accord sur des règles de poursuite" de l'ennemi, a fait valoir Islamabad. "Tout ce qui donne l'impression du contraire n'est pas correct du point de vue des faits. Ce type de violation est inacceptable", a estimé le ministère des Affaires étrangères.
Ce dernier souligne qu'il a été demandé à l'Isaf de ne pas participer à des actions militaires en violation du mandat de l'Onu qui portent atteinte à la souveraineté du Pakistan.
Soulignant que le Pakistan a toujours insisté sur la nécessité de mener "des actions communes et coordonnées" contre les insurgés, Islamabad met en garde l'Otan : "En l'absence de mesures immédiates de correction, le Pakistan se verra contraint d'envisager des mesures de riposte".
Ces attaques par hélicoptère, peu fréquentes, surviennent alors que se multiplient les frappes de drones américains contre les zones tribales en territoire pakistanais, considérées comme le fief des talibans et de leurs alliés du réseau Al-Qaïda. Quatre rebelles ont ainsi été tués lundi dans la 19e attaque d'avion sans pilote en 24 jours.
Depuis août 2008, plus de 1.100 personnes ont péri au cours de plus de 130 attaques menées par des drones au Pakistan, selon des hauts responsables des forces de sécurité.

