Les danseurs passent du mime de la folie à une orgie des corps somptueuse dans laquelle leurs têtes sont enrubannées dans des drapeaux de nations./
Et de fait, ces mille ans de calme sont d'une grande violence, notamment dans un tableau inaugural inouï, où les danseuses en sous-vêtements chair, semblables à des poupées de son, rampent sous des bâches en plastique dans lesquelles elles sont ensuite manipulées par des danseurs en costume croisé.
La troupe est composée de dix membres du Ballet Preljocaj, centre chorégraphique national basé à Aix-en Provence, et d'autant de danseurs du Bolchoï, temple moscovite de l'académisme, pour ce spectacle créé dans le cadre de l'année France-Russie.
"J'avais posé des règles du jeu", explique Angelin Preljocaj, "les danseurs ont répété deux mois à Aix-en Provence et deux mois à Moscou. Cela leur a permis d'être complètement désamorcés, de se laisser flotter" hors de leurs carcans, dans ce spectacle qui sera à Chaillot du 1er au 22 octobre, après avoir été présenté à Lyon jusqu'au 27 septembre.
Sur une musique du compositeur de musique électronique Laurent Garnier, les danseurs passent ainsi du mime de la folie -dans ce que l'on imagine être un hôpital psychiatrique- à une orgie des corps somptueuse dans laquelle leurs têtes sont enrubannées dans des drapeaux de nations, de la Russie à la Géorgie.


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