Benoît XVI a été ému par ce que les victimes avaient à dire et a exprimé sa profonde affliction et sa honte face aux souffrances qu'elles ont subies, elles et leurs familles, a indiqué le Vatican. /
Elle a eu lieu à la Nonciature apostolique de Londres, l'équivalent d'une ambassade. Les victimes étaient au nombre de cinq, trois originaires du nord de l'Angleterre, un de Londres et un d'Écosse, selon une porte-parole de l'église catholique. L'entretien a duré 30 à 40 minutes.
Benoît XVI a été "ému par ce que les victimes avaient à dire et a exprimé sa profonde affliction et sa honte face aux souffrances qu'elles ont subies, elles et leurs familles", a indiqué le Vatican dans son communiqué.
Il leur a assuré que "l'Église catholique continuait à mettre en oeuvre des mesures efficaces afin de protéger les jeunes, et fait tout ce qui est en son pouvoir pour enquêter sur les accusations, pour collaborer avec les autorités civiles et pour traduire en justice les membres du clergé et les religieux accusés de ces crimes extrêmes".
Le président de la Commission nationale catholique pour la protection des enfants et des personnes vulnérables, Bill Killgalon, a relevé que l'entrevue "a duré longtemps, bien plus qu'avec le Premier ministre" Cameron qu'il a vu dans la matinée.
Le pape a évoqué les abus jour après jour, depuis son arrivée jeudi pour une visite d'État historique en terre anglicane, cinq siècles après le schisme provoqué par Henry VIII, au XVIe siècle.
Il a qualifié samedi "d'innommables" les crimes des prêtres lors d'une homélie en la cathédrale catholique de Westminster. En décembre, il les avaient déjà dénoncés comme "abominables".
Le scandale est l'un des pires traversé par l'Église depuis des décennies. Il a éclaté en novembre 2009, avec la publication d'un rapport révélant des centaines de sévices sexuels sur des enfants par des prêtres en Irlande, couverts par la hiérarchie. Des agissements similaires ont depuis lors surgi, notamment en Allemagne et en Belgique.
Nombreux étaient ceux qui demandaient "des gestes, pas des mots" pour les victimes, dans la foule des manifestants évaluée à 3 000 personnes par la police, et à 10 000 par les organisateurs, samedi après-midi à Hyde Park, dans le centre de Londres.
Barbara Dorris, une Américaine, brandissait une photo d'elle en communiante à sept ans, âge où elle a été maltraitée par un prêtre. "Le pape n'arrête pas de demander pardon mais il n'agit pas", a-t-elle déclaré. "Chef de la plus grande bande d'abuseurs d'enfants", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants.
Tous répondaient à l'appel d'une coalition hétéroclite de défenseurs des droits des homosexuels, de l'ordination des femmes, de laïques protestant contre le coût du déplacement papal près de 25 millions d'euros.
En fin d'après-midi, le pape devait présider une soirée de prière en présence de quelque 80 000 personnes.
Il a paru visiblement éprouvé lors du service religieux à Westminster, au début d'une journée particulièrement chargée pour un homme de 83 ans.
Cependant, il n'a modifié ni son parcours ni son programme, y compris après l'arrestation vendredi de six personnes soupçonnées d'"actes de terrorisme" en liaison avec sa visite.
"Personne ne s'est senti menacé" a déclaré Federico Lombardi, le porte-parole du Vatican, qui est du voyage. "Nous n'avons jamais accordé une grande importance à ces arrestations".


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