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Liban - Majorité

Le 14 Mars dénonce « le coup d’État permanent » du Hezbollah

Le secrétariat général du 14 Mars dénonce le « coup d'État permanent » auquel se livre selon lui le Hezbollah, notamment avec l'aide du général Michel Aoun.

C’est une mise en garde solennelle contre le « coup d’État » du Hezbollah et de ses alliés qu’a lancée hier le secrétariat général du 14 Mars. Photo Houssam Chbaro

Pour donner plus de solennité à ses propos, le secrétariat général du 14 Mars n'a pas publié hier de communiqué à l'issue de sa réunion hebdomadaire, mais plutôt un « appel » aux Libanais dans lequel il s'en prend au comportement du Hezbollah de 2005 à 2010 et met en garde ce dernier contre son « acharnement à faire du Liban l'otage de considérations régionales ».
Voici le texte quasi intégral de cet appel :
« Libanais,
« Le Liban est à l'heure actuelle la cible d'une féroce tentative de coup d'État dont le but est de retourner au statu quo antérieur, celui d'avant la révolution du Cèdre du 14 mars 2005, et de condamner à mort votre avenir.
« Le Hezbollah a dévoilé de lui-même ce projet de coup d'État en proclamant son rejet des acquis et des équations politiques, nationales et populaires et sa détermination à les modifier. Un autre masque est tombé dans sa foulée, celui qui recouvrait le visage jaunâtre d'un officier qui fut l'un des symboles du régime policier défunt. Puis l'appel dans ce sens a été repris par le député Michel Aoun, qui a incité les citoyens à la rébellion et à la désobéissance.
« Libanais,
« Nous traversons aujourd'hui une phase d'une gravité extrême. Sauvegarder le Liban, sa seconde indépendance, sa paix civile, sa stabilité et ses institutions constitutionnelles et légales est notre responsabilité à tous. C'est votre responsabilité. Les acquis menacés sont les vôtres. Face aux armes avec lesquelles ils nous menacent, nos armes à nous sont vous, Libanais, dans toutes vos catégories et tous vos potentiels, dans vos cerveaux, votre sueur et votre combat, que vous soyez au Liban ou à l'étranger.
« Libanais,
« Tout le monde sait que les forces de la révolution du Cèdre avaient pris la décision claire de tourner la page d'un passé douloureux avec la Syrie après le retrait de l'armée syrienne du Liban, en avril 2005. Cela sur la base de la souveraineté, des intérêts communs et des relations fraternelles d'égal à égal.
« À cette fin, les forces du 14 Mars et l'opinion publique souverainiste avaient soutenu la visite effectuée par le Premier ministre Fouad Siniora en Syrie en 2005, puis celle du président de la République au cours de l'été 2008, et enfin la visite du Premier ministre Saad Hariri après les législatives de 2009, en harmonie avec les louables efforts arabes destinés à aider le Liban et la Syrie à tourner la page. Cette position entrait dans le cadre d'une vision globale de la crise régionale, fondée sur la solidarité interarabe et l'initiative de paix arabe. De plus, nous avions accueilli positivement l'établissement de relations diplomatiques entre les deux États.
« Hélas, tous les efforts gigantesques consentis à cette fin ont été sabotés et continuent de l'être de façon méthodique par des groupes et des forces politiques se prétendant alliés de la Syrie au point de s'exprimer parfois en son nom. Ce sont ces mêmes groupes et forces politiques qui avaient nui aux rapports entre les deux pays depuis 1990, après avoir mis la main sur l'État et l'avoir transformé en État policier.
« Aujourd'hui, ces forces ne cessent de chercher à réhabiliter ce passé noir par le recours aux menaces, aux accusations de félonie et à la division des Libanais, et en utilisant un langage insolent et tombant sous le coup de la loi. C'est précisément ce qui pousse à une discorde pire encore que les tueries.
« Cette attitude est grave et doit cesser, car elle augure de conséquences fâcheuses sur le plan intérieur et, en premier lieu, nuit aux relations libano-syriennes, tout comme elle a déjà commencé à nuire aux rapports du Liban avec les États arabes frères.
« Tout le monde sait que la révolution du Cèdre, après son incontestable succès, n'a jamais pensé monopoliser le pouvoir. Elle a au contraire tendu la main au Hezbollah en sa qualité de composante essentielle de la société politique libanaise. Ainsi, en dépit du retrait syrien, nous avions coopéré au sein du premier gouvernement ; et malgré le désaccord sur les armes du Hezbollah, les forces du 14 Mars ont pris part au dialogue en mars 2006, puis elles ont déployé au cours de la guerre de juillet tous les efforts possibles pour obtenir que soit votée la résolution 1701 sous le chapitre VI de la Charte de l'ONU au lieu du chapitre VII ; et en dépit de l'occupation du centre-ville et la fermeture du Parlement dans le but d'empêcher l'établissement du tribunal international, les forces du 14 Mars ont proposé au Hezbollah, le lendemain même de la création du tribunal par le Conseil de sécurité, une offre consistant à aller au-delà des désaccords et à réunifier les rangs sur la base de la reconnaissance des deux acquis que sont la libération et l'indépendance ; et malgré le recours massif aux armes contre les habitants de Beyrouth en mai 2008, le 14 Mars est allé à Doha et a consenti à la mise en place d'un gouvernement de coalition. Enfin, malgré sa victoire aux législatives de 2009, le 14 Mars a accepté une nouvelle fois de former un gouvernement d'unité nationale ayant en son sein des représentants du Hezbollah.
« Hélas, la direction du Hezbollah a, de façon permanente, répondu à ces offres par la politique du coup d'État contre les points de l'unanimité libanaise : du tribunal international à la résolution 1701, en passant par les armes palestiniennes hors des camps et la décision d'aller au-delà de la mémoire de la triste guerre civile.
« L'acharnement du Hezbollah à faire du Liban l'otage de considérations extérieures est inacceptable car il conduit à la destruction générale du pays, ainsi que nous l'a appris l'amère expérience de certaines forces qui avaient précédé le Hezbollah dans ce type d'aventurisme et qui ne se sont réveillées que trop tard. Cela, nous ne le souhaitons pour personne au Liban.
« Le peuple du Liban qui, en mars 2005, a triomphé au nom de la souveraineté, de l'indépendance, de la vérité, de la justice et de l'unité nationale, n'est pas un "groupe subversif". C'est un peuple libre, digne de respect. Ce grand peuple tient entre ses mains la responsabilité de la paix civile, de la coexistence et du message pionnier du Liban dans son environnement et dans le monde. Nul n'a le droit, quel qu'il soit, d'injurier un million et demi de Libanais inscrits au registre d'honneur libanais depuis qu'ils se sont rassemblés, réconciliés et réunifiés, musulmans et chrétiens, place de la Liberté.
« Les forces du 14 Mars s'engagent auprès de ce grand peuple à rester constantes sous sa bannière, à aller de l'avant pour préserver la souveraineté et l'indépendance, à franchir le seuil de l'État de droit, à défendre ses droits fondamentaux et à soutenir le tribunal international jusqu'à ce que la lumière soit faite dans l'affaire de l'assassinat des chefs de l'indépendance et de la liberté. »
Pour donner plus de solennité à ses propos, le secrétariat général du 14 Mars n'a pas publié hier de communiqué à l'issue de sa réunion hebdomadaire, mais plutôt un « appel » aux Libanais dans lequel il s'en prend au comportement du Hezbollah de 2005 à 2010 et met en garde ce dernier contre son « acharnement à faire du Liban l'otage de considérations régionales ».Voici le texte quasi intégral de cet appel :« Libanais,« Le Liban est à l'heure actuelle la cible d'une féroce tentative de coup d'État dont le but est de retourner au statu quo antérieur, celui d'avant la révolution du Cèdre du 14 mars 2005, et de condamner...
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