L'explosion a été causée par "un kamikaze qui a pénétré sur le marché central à bord d'une automobile Volga 3102", a déclaré le président de la république d'Ossétie du Nord, Taïmouraz Mamsourov, cité par l'agence Interfax.
Conséquence de cette forte déflagration, "15 personnes sont mortes et 77 ont été blessées", a déclaré à l'AFP la porte-parole du comité du parquet local chargé de l'enquête, Maria Gatsoeva.
Au moins "66 personnes ont été hospitalisées", a déclaré de son côté à des journalistes le vice-ministre de la Santé de cette république, Taïmouraz Revazov. Le corps du kamikaze qui s'est fait exploser avec sa voiture a été retrouvé, a-t-il ajouté.
La déflagration survenue à 11H20 (07H20 GMT) a provoqué un carnage sur ce marché très fréquenté.
Des blessés et des corps ont été évacués sur des chariots du marché au milieu d'innombrables débris, a constaté une journaliste de l'AFP. Des flaques de sang et des cadavres lacérés étaient aussi visibles sur les lieux du drame.
Des véhicules garés ont été réduits à l'état d'épaves et des vitrines de bâtiments proches du marché ont été pulvérisées par l'explosion.
L'explosion était d'une puissance équivalent à 30 ou 40 kilos de TNT, selon le comité d'enquête du parquet russe, qui a ouvert une enquête pour "acte de terrorisme".
Il s'agit d'un acte visant à "semer la haine parmi nos citoyens", a réagi le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, cité par l'agence Interfax.
"Ceux qui ont fait cela sont évidemment des gens sans âme et sans coeur. Notre tâche commune est de lutter contre ces criminels", a ajouté l'homme fort de la Russie.
Peu après l'attentat, le président russe, Dmitri Medvedev, a ordonné à son représentant spécial pour le Caucase du Nord, Alexandre Khloponine, de se rendre d'urgence à Vladikavkaz.
Cette ville est la capitale de l'Ossétie du Nord, seule république du Caucase russe dont la majorité de la population est chrétienne et théâtre de la sanglante prise d'otages de l'école de Beslan, en septembre 2004, qui avait fait plus de 330 morts dont 186 enfants.
Le Caucase du Nord est en proie à une rébellion islamiste meurtrière qui trouve son origine dans les deux guerres ayant ravagé la Tchétchénie depuis la chute de l'URSS. Les attaques y sont quotidiennes et visent généralement les représentants des autorités et de la police.
Par ailleurs, des explosifs entreposés dans une centrale hydroélectrique en vue d'y provoquer une explosion ont été découverts mardi à temps et neutralisés au Daguestan, autre république du Caucase russe.
En raison de l'instabilité persistante dans le Caucase du Nord, l'armée russe a annoncé lundi un renforcement de la sécurité de ses troupes dans cette région, au lendemain d'un attentat suicide qui a tué quatre soldats au Daguestan.
Des dizaines de milliers de soldats russes restent positionnés dans les républiques du Caucase après la fin officielle au printemps 2009 de l'opération "antiterroriste" en Tchétchénie, nom donné à la deuxième guerre menée depuis 1999 dans cette petite république.
Moscou tente de susciter un essor économique dans la région, mais y reste confronté à une rébellion qui multiplie les attaques, notamment au Daguestan et en Ingouchie, deux républiques voisines de la Tchétchénie.
En mars dernier, le métro de la capitale russe a été visé par un double attentat suicide qui a fait quarante morts.

