Si l’hôpital accueille quelques enfants, il pourrait devenir le premier centre pédiatrique du pays. Photos Nicolat Ropert
Quel que soit le type d'intervention (opération, radiologie, maternité), le patient doit s'acquitter de 5 % de la facture totale. « Ça s'élève à près de 15 % dans les cliniques privées », rappelle le docteur Ephrem. Il assure que la qualité de soin est comparable à ces établissements privés : « Nous possédons tout l'équipement de base. Toutes les opérations peuvent être réalisées chez nous sauf celles qui réclament des soins intensifs comme une opération à cœur ouvert. » Mieux même, pour le directeur médical, le docteur Paul Gemayel, la Quarantaine est l'un des établissements les plus performants du pays : « Nous avons un taux de complication de moins de 5 %, ce qui est l'un des meilleurs au Liban. En général, un hôpital de ville tourne entre 10 et 15 %. Cela tient au nombre réduit de patients et au travail des équipes médicales. »
Chute du nombre de lits
Cependant, depuis la fin de la guerre civile, l'hôpital a été un peu oublié par les autorités. « Avant la guerre, il y avait plus de 200 lits. Aujourd'hui, il n'en reste que trente. Car les deux étages ont complètement été détruits pendant le conflit. Les patients sont hébergés uniquement au rez-de-chaussée. Mais nous avons un autre bâtiment qui accueille le laboratoire », précise sœur Aline, directrice de l'hospice depuis dix ans.
C'est donc sur un seul niveau que se déroule l'ensemble des soins. Un espace réduit si on le compare aux sept étages sur lesquels s'étend l'hôpital universitaire Rafic Hariri, inauguré il y a peine dix ans. La Quarantaine est, elle, une institution âgée de près de cinquante ans. Et les années sont parfois difficiles à dissimuler. Les bâtiments sont vieillissants, la peinture s'écaille le long des murs et des plafonds.
L'hôpital gouvernemental subit donc la concurrence directe des établissements plus importants. L'hôpital Rafic Hariri peut accueillir jusqu'à 544 patients pendant que l'Hôtel-Dieu de France monte à 430 lits. À la Quarantaine, des investissements ont eu lieu, mais de manière assez sporadique et les dernières rénovations datent de 2003 déjà.
Un remède miracle ?
Le salut pourrait venir d'un projet mené conjointement par la direction de l'hôpital et le ministère de la Santé. L'idée serait de créer un hôpital pour enfant qui deviendrait le premier centre pédiatrique du Liban. « C'est un grand projet, insiste Samir Mallat, président du conseil d'administration de l'établissement public, on disposerait une cinquantaine de lits réservés aux enfants qui recevraient tous les soins dont ils ont besoin. Mais nous tenons à conserver une vingtaine de places pour les autres malades. » Le financement, à hauteur de 7 millions de dollars, a déjà été trouvé, il ne reste plus qu'à attendre le début des travaux. Ce que confirme Bahji Arbid, conseiller du ministre de la Santé pour la planification : « L'étude préliminaire est maintenant terminée. Nous avons commencé une étude détaillée et nous espérons pouvoir commencer la construction d'ici à 7 ou 8 mois. »
Il faudra ensuite compter au mieux trois ans pour espérer une mise en service de l'établissement, soit fin 2013, début 2014. Une échéance qui ravit les équipes médicales et le conseil d'administration. « Sans ce programme, l'hôpital était voué à disparaître. Il y allait de sa survie et j'espère que nous avons sauvé l'établissement », avance le Dr Mallat. Une position confortée par le conseiller du ministère de la Santé : « Cinquante lits, c'est un début. Je suis certain que ce service va recevoir une quantité de demandes. »
L'hôpital de la Quarantaine devrait alors changer complètement de visage et sa réputation considérablement s'améliorer. Mais en attendant la mise en chantier, l'avenir proche de l'établissement s'inscrit en pointillés. Passer un coup de peinture pour rendre leur dignité aux murs n'est pas possible : « On préfère attendre pour le moment. On ne veut pas dépenser de l'argent si c'est pour ensuite démolir », admet le président du conseil d'administration. « C'est un petit handicap, mais l'essentiel est là : les soins sont assurés », assure-t-il.
Dernier point épineux : l'hôpital pourra-t-il fonctionner quand les travaux auront commencé ? Du côté du conseil d'administration comme du ministère, on jure qu'aucune décision n'est prise, mais on promet de trouver la meilleure solution.


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