"Les derniers éléments ont traversé la frontière (koweïtienne) à 06H00 (03H00 GMT). C'est la dernière brigade de combat, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a plus de troupes de combat en Irak", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée américaine, le lieutenant-colonel Eric Bloom.
Il s'agit de la 4e Brigade Stryker de la deuxième division d'infanterie, qui était basée à Abou Ghraïb, un des endroits les plus dangereux d'Irak situé à 25 km à l'ouest de Bagdad.
"La moitié a quitté par voie aérienne et l'autre par la route. Il leur reste encore quelques jours pour nettoyer et préparer les équipements afin de pouvoir les expédier et ensuite les derniers soldats (de la base) partiront", a-t-il dit.
Il reste, selon le lieutenant-colonel Bloom, 56.000 soldats américains en Irak après le retrait de cette brigade.
Il est prévu que 50.000 militaires américains demeurent dans le pays après le 31 août, date fixée par les Etats-Unis pour mettre fin à leur mission de combat en Irak au profit d'un rôle d'entraînement et de conseil.
L'ensemble des troupes américaines doit par ailleurs avoir quitté le pays d'ici la fin de 2011, selon un accord conclu avec Bagdad, et le président américain Barak Obama a insisté sur le fait que ce calendrier serait respecté.
Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, s'exprimant en direct sur la chaîne de télévision américaine MSNBC au moment où étaient montrées, dans la nuit, les images de blindés franchissant la frontière, a évoqué un "moment historique" mais rappelé que l'engagement américain en Irak était solide et à long terme.
"La dernière chose que nous voulons, c'est qu'apparaisse une nouvelle occasion d'envoyer des troupes en Irak et que nous devions mettre fin à notre phase de combat une deuxième fois", a-t-il dit.
"Nous ne mettons pas fin à notre engagement en Irak. Nous allons avoir un important travail à faire (...) Ce n'est pas la fin de quelque chose, mais une transition vers quelque chose de différent. Nous sommes engagés à long terme en Irak", a-t-il ajouté.
Le conflit irakien, qui a coûté la vie à 4.400 Américains et où les Etats-Unis ont engagé mille milliards de dollars, a eu "un coût élevé", a-t-il souligné. "Nous avons lourdement investi en Irak et devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver cet investissement et que l'Irak et ses voisins s'engagent dans une situation beaucoup plus pacifique qui serve leurs intérêts et les nôtres", a encore déclaré M. Crowley.
Dans une lettre datée du 18 août et que l'on peut lire sur le site internet de la Maison Blanche, le président Obama salue également la fin de la mission de combat tout en ne faisant aucune mention du départ des dernières unités combattantes dans la nuit de mercredi à jeudi.
"Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'annoncer que grâce au service extraordinaire de nos troupes et de nos civils en Irak, notre mission de combat prendra fin ce mois-ci et que nous allons achever un retrait substantiel de nos troupes", écrit-il.
Le départ de la 4e Brigade intervient au surlendemain d'un attentat suicide dans un centre de recrutement de l'armée à Bagdad, qui a fait 59 tués et au moins 100 blessés, et a été attribué à Al-Qaïda.
Le chef de l'état-major irakien, le général Babaker Zebari, avait averti le 11 août que le retrait total de l'armée américaine fin 2011 était prématuré, estimant que ses forces ne seraient pas en mesure d'assurer pleinement la sécurité du pays avant 2020.
Ce départ intervient aussi alors que l'Irak traverse une profonde crise politique avec l'incapacité des principaux partis politiques irakiens à se mettre d'accord pour former un nouveau gouvernement, cinq mois après les élections législatives du 7 mars.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir