Le journaliste Omar Harkous prononçant son allocution samedi en présence, notamment, de MM. Marwan Hamadé et Ghayath Yazbeck.
S'adressant aux participants à la manifestation, M. Marwan Hamadé a mis l'accent sur la nécessité de « préserver le Liban comme oasis des libertés ». Dénonçant les campagnes d'intimidation et les accusations de traîtrise perceptibles dans certains discours politiques, M. Hamadé a évoqué certaines étapes de l'intifada de l'Indépendance et de la révolution du Cèdre, évoquant dans ce cadre le souvenir de Samir Kassir, Gebran Tuéni, Rafic Hariri, Bassel Fleyhane « et tous les martyrs qui sont tombés pour l'indépendance du Liban ».
Et Marwan Hamadé d'ajouter : « En votre nom, je mets en garde contre toute tentative visant à outrepasser les lignes rouges tracées par le sang de nos martyrs. Les libertés au Liban sont sacro-saintes. De même que le système démocratique est sacro-saint, ainsi que le respect de l'opinion de l'autre. Nous n'accepterons pas que ce pays se transforme à nouveau en un champ d'expérimentation de l'obscurantisme régional. »
De son côté, notre confrère Omar Harkous, l'un des fondateurs de L'observatoire de la République, a prononcé une allocution dans laquelle il a notamment rejeté toutes les accusations de traîtrise lancées çà et là et qui visent l'opinion de l'autre. « La liberté de l'individu, a notamment déclaré M. Harkous, est consacrée par la Constitution. Nous refusons qu'elle soit bafouée sous le prétexte de préserver la sécurité, d'autant que le débat politique dans le pays a dévié. Il porte en effet désormais sur les mécanismes de l'écoute (des communications téléphoniques) et non pas sur le principe et le rejet d'une telle pratique qui devrait revêtir un caractère exceptionnel, limité à des cas prévus par la loi. »
« Nous refusons que les relations privilégiées et d'égal à égal avec la Syrie soient établies au détriment de l'un des principaux fondements du Liban, à savoir sa qualité de pays refuge de ceux qui sont opprimés dans leur pays, a déclaré M. Harkous. Nous refusons que Ma'moun Homsi (un opposant syrien établi au Liban et dont la Sûreté générale a refusé de renouveler le permis de séjour) soit livré à Damas, quel que soit le prétexte. Nous refusons qu'une quelconque institution, qu'elle soit civile, sécuritaire ou même religieuse, s'emploie à décider ce que les Libanais ont le droit de lire, de voir ou de consulter. Nous refusons catégoriquement le principe de la censure imposée aux créations artistiques. »
Une oasis de démocratie
Et M. Harkous d'ajouter : « Nous refusons le caractère arbitraire de l'action du parquet, comme ce fut le cas lors de l'arrestation des jeunes qui se sont exprimés sur Facebook et qui ont été accusés d'avoir porté atteinte au président de la République, alors que le parquet ne réagit pas face à des questions graves et très sensibles qui nécessitent une action de la justice, comme ce fut le cas lorsqu'un journal libanais a publié une information attribuée à une source sécuritaire qui comportait des menaces directes de mort à l'encontre de tout journaliste qui oserait traiter d'un sujet bien particulier. »
Après avoir stigmatisé le fait que « certains journalistes et certaines institutions d'informations se transforment en tribune proférant des menaces contre des confrères, allant jusqu'aux menaces de mort », M. Harkous a déclaré en conclusion : « En tant que citoyens libanais, nous avons décidé d'agir pour mettre un terme au recul enregistré au niveau de nos acquis se rapportant à la liberté et la démocratie. Nous devons agir afin de mériter que Beyrouth soit la ville des libertés, qu'elle soit une oasis de démocratie et d'interaction libre et innovatrice. »
Prenant à son tour la parole, le directeur des informations à la MTV, notre confrère Ghayath Yazbeck, a évoqué les différentes étapes de la lutte menée contre le régime sécuritaire qui a contrôlé le pays depuis l'approbation de l'accord de Taëf jusqu'au 14 mars 2005. M. Yazbeck a évoqué le souvenir des martyrs de la révolution du Cèdre, soulignant que c'est par l'unité nationale et l'attachement à la formule de coexistence qu'il sera possible de faire face à l'oppression. M. Yazbeck a rejeté sur ce plan les campagnes d'intimidation, invitant les Libanais à y faire face en restant attachés à l'État de droit.
En conclusion, M. Fady Toufic a prononcé le mot de l'association L'observatoire de la République, soulignant que le recul enregistré ces derniers temps dans le pays est dû à « la négligence des intellectuels et des journalistes qui n'ont pas pris l'initiative de faire face à la nouvelle réalité ». Évoquant les événements du 7 août 2001 (la répression du régime sécuritaire de l'époque dirigée contre les jeunes militants du courant souverainiste), Fady Toufic a souligné que d'une manière générale, la répression marque le début du déclin des régimes sécuritaires.
Soulignant que « les Libanais ne céderont pas devant la menace des armes », M. Toufic a mis l'accent sur la nécessité de respecter la Constitution et les lois en vigueur pour préserver les droits et la liberté des individus, appelant « ceux qui veulent imposer un fait accompli à changer la Constitution ».


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