Pastora Galvan dansant une sublime Sevillana, moulée dans une robe rouge fuschia à traîne.
Mais si Israel joue pleinement la carte de l'avant-garde, Pastora conserve de son côté une part de tradition.
Intitulé tout simplement "Pastora" et présenté pour la première fois cette semaine dans la capitale française, le spectacle de la soeur cadette lui a ainsi permis de laisser éclater sa maîtrise de cet art, en mêlant avec élégance gouaille et sensualité.
Dansant une sublime Sevillana, moulée dans une robe rouge fuschia à traîne, ou en duo, tournant sur elle-même comme un derviche, elle a démontré tout son sens du rythme et de l'innovation.
"Le flamenco est immémorial. Moi, je suis un entre-deux, un mélange de tradition et de modernité. Je mets mes sentiments, ma personnalité, mes concepts intimes. Je vois ce spectacle comme "des petites choses à moi"", explique-t-elle à l'AFP.
Ainsi par exemple, cet "hommage à Triana la pura", quartier de Séville, qu'on appelle aussi "l'autre Séville", dansé talons plats, puis pieds nus, avec bas de contention, où se mélangent tristesse et gouaille.
"À mes sentiments, mes états d'âme, ma joie, et la rage qu'il y a en moi, j'ai aussi voulu ajouter un zeste de drôlerie", dit cette petite femme douce.
Israel Galvan bouscule lui aussi, dans "El final de este estado de cosas, redux" (La fin de cet état de choses), la tradition du flamenco, n'hésitant pas à se travestir en femme ou à danser à l'intérieur d'un cercueil.
Né de la lecture de l'Apocalypse de Saint-Jean, ce spectacle, créé lors de la Biennale de Séville de 2008 et mis en scène par Txiki Berraondo, ne se limite pas à la traditionnelle guitare flamenca: il n'hésite pas, par exemple, à marier le chant de la célèbre "cantaora" (chanteuse flamenca) Inès Bacan aux guitares électriques saturées du groupe Orthodox.
Ou encore, accompagné par le chant puissant de Juan José Amador et les percussions fracassantes de José Carrasco, Israel Galvan frappe, saute et enchaîne les postures sur son fameux sol à ressort.
Sur scène, le frère et la soeur perpétuent les liens entre leur famille et le flamenco: le père, José, est un célèbre "passeur" du flamenco qui a formé des générations de danseurs, tandis que la mère, Eugenia de los Reyes, a elle aussi exercé cet art.
Une famille qui a déjà eu l'occasion de collaborer, ensemble sur scène en 2009 au Théâtre de Nîmes, ou en coulisses, Israel ayant écrit pour sa soeur, qui se produira à la Biennale de Séville en septembre, son premier spectacle, "La Francesa" en 2006.


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