Le Français Yohann Diniz a décroché hier la médaille d’or du 50 km marche aux championnats d’Europe d’athlétisme à Barcelone. Miguel Vidal/Reuters
D'ailleurs, au stade olympique, les Français de la piste ont confirmé en matinée cette période favorable. Bob Tahri et Mahiédine Mekhissi se sont qualifiés facilement pour la finale du 3000 m steeple, alors que les trois filles du 200 m ont franchi le 1er tour.
Sur le pied de 4min 25/26sec au km, Diniz s'est échappé au coup de pistolet. Le champion olympique italien Alex Schwazer, encore éprouvé par le 20 km de mardi, et le champion du monde russe Sergey Kirdyapkin ont seulement espéré que le « fou marchant » allait finir par se brûler les ailes.
Diniz a bouclé les 50 tours de sa marche triomphale en 3h 40min 37sec, pas très loin de son record national (3h38:45), pour devancer le Polonais Grzegorz Sudol et le Russe Sergey Bakulin, de braves soldats.
« Il a osé un truc qui aurait pu le déstabiliser. Mais il a un tel moteur et tous les feux étaient au vert », a souligné Pascal Chirat, le patron de la marche.
Yohann avait annoncé le « Diniz nouveau » en conférence de presse, mais sans dévoiler de chiffres. « Je vous avais dit 4min 30/35sec au km. C'était un piège. »
Révélé sous la pluie de Göteborg, le natif d'Epernay était devenu une vedette nationale dans les mois suivants, rôle jusqu'alors réservé dans l'Hexagone aux sprinters, sauteurs et demi-fondeurs.
Chien fou, il s'était aussi un peu égaré entre honneurs et obligations commerciales, alternant sur le plan sportif le bon (médaille d'argent aux Mondiaux 2007) et le franchement décevant avec son abandon aux Jeux de Pékin où il était arrivé en favori. « Je me suis recentré sur moi-même avec l'aide d'une sophrologue.
Là j'avais une tactique. Il y a un an, je courais en fonction des autres », a expliqué le double champion d'Europe.
Sur le circuit barcelonais, l'expressif Diniz n'a pas été avare de spectacle. Il a chuté au 42e km en heurtant le bord d'un trottoir. « J'avais la tête qui commençait à fatiguer. Mais cela ne m'a pas déstabilisé. Les poursuivants étaient à près de deux minutes », a-t-il indiqué.
Et d'ajouter : « C'est plus fort que le premier (titre). Ça faisait longtemps que j'attendais ce moment. On a le droit d'avoir des passages à vide. »
À 32 ans, Yohann Diniz veut rester au sommet jusqu'en 2016 pour les Jeux de Rio de Janeiro. Ça tombe bien : il est d'origine brésilienne.

