La Saint Jacques tombant cette année un dimanche, le 25 juillet, 2010 est une année "sainte", qui devrait attirer près de 200 000 pèlerins à Compostelle.
Le célèbre auteur brésilien de "l'Alchimiste" avait effectué en 1986 ce pèlerinage catholique dont l'origine remonte au Moyen-Âge et dont le but est le tombeau de l'apôtre Saint Jacques, dans la cathédrale de cette ville du nord-ouest de l'Espagne.
La Saint Jacques tombant cette année un dimanche, le 25 juillet, 2010 est une année spéciale dite "jubilaire" ou "sainte", qui devrait attirer près de 200 000 pèlerins à Compostelle, où le Pape Benoît XVI est attendu début novembre.
Déjà venues en 2003, les Françaises Claude et Karine Champagnon, mère et fille de 64 et 44 ans originaires du Puy-en-Velay (centre), confirment qu'elles sont de retour parce que c'est une "année sainte", qui accorde aux pèlerins l'indulgence plénière de l'Église.
Elles sont toutefois chagrinées par tous ceux qui "font le Chemin sans raisons religieuses" et leur font concurrence pour les lits dans les auberges de Pedrouzo, localité d'où part la dernière étape à pied vers Compostelle, à une vingtaine de kilomètres.
C'est le cas des jeunes madrilènes de 18 ans, Jorge, Nicolas et Nacho, qui avouent sans complexe parcourir le Chemin "pour la fête et la rigolade", faisant la tournée des bars et des discothèques après les longues journées de marche.
Les pèlerins viennent du monde entier pour ce qui est considéré comme un des trois grands pèlerinages de la chrétienté, avec Rome et Jérusalem, parcourant des itinéraires qui sillonnent l'Europe, notamment en France, ou faisant seulement quelques étapes en Espagne.
"Nous l'avons préparé sans savoir que c'était une année sainte, mais ça le rend encore plus spécial", commente l'Allemande Sonja Hahn, 42 ans, alors qu'elle fait la queue pour obtenir un lit dans une auberge de Pedrouzo.
Son compagnon Klaus Becker, 56 ans, ne partage pas ses motivations religieuses, mais n'en transporte pas moins dans son sac à dos la photo d'une amie décédée il y a deux semaines: "c'est comme si elle venait avec moi".
Un peu plus loin, au Monte del Gozo, d'où on peut apercevoir les flèches de la cathédrale, le Portugais Cesar Machado fait une pose à côté de la bicyclette qui l'a amené de Saint-Jean-Pied-de-Port (sud-ouest de la France).
"J'accomplis une promesse que je me suis faite il y a quatre ans, c'est une question spirituelle et aussi la recherche d'aventure", indique ce scaphandrier de profession, s'affirmant "chrétien".
Il amène avec lui des bougies que lui ont confiées des "amis malades" pour les faire brûler dans la cathédrale et récolte chaque jour des plantes qu'il compte brûler le dernier jour avec les vêtements qu'il portait sur le chemin.
"C'est la philosophie de renaître de ses cendres", confie ce Lisboète de 46 ans, qui affirme voyager "sans montre ni téléphone portable" pour se couper du monde.
Parvenus sur la place de l'Obradoiro, devant la cathédrale, les pèlerins s'étreignent et se félicitent d'être enfin "arrivés", clamant unanimement que "ça en valait la peine".
Un bémol cependant: le chanoine principal de la cathédrale, José Maria Diaz, se félicite de l'augmentation "significative" du nombre de pèlerins sur ce "chemin oecuménique", mais regrette que beaucoup plus de fidèles "abandonnent" actuellement la foi.

