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Culture - Événement

Le Liban à l’honneur à Rouen

C'est dans le cadre prestigieux du festival Les nocturnes de la cathédrale que s'est tenu à Rouen, le mercredi 14 juillet, jour de la fête nationale française, un récital intitulé « Musique et poésie libanaises ».
Éclairés aux chandelles, devant un public venu très nombreux («Le Liban fait bouger les foules», aux dires de l'un des organisateurs), Christine Marchais au piano, Marc Sieffert au saxophone et Zeina Saleh Kayali, récitante, ont fait dialoguer compositeurs et poètes libanais. Les voûtes de ce haut monument de l'art gothique européen ont résonné des accents d'œuvres tantôt inspirées par le folklore libanais (Toufic Succar, Naji Hakim), par la liturgie maronite (le RP Louis Hage) ou de facture plus «contemporaine» (Karim Haddad, Béchara el-Khoury), en alternance avec des poèmes de Georges Schéhadé (Les saintes femmes), Nadia Tuéni (Les cèdres et Beyrouth) et Noël Fattal (Leçons et Éclats).
Le concert s'est ouvert sur trois thèmes issus de la liturgie maronite, interprétés par Marc Sieffert au saxophone. Le père Louis Hage, récemment disparu, avait tout au long de sa vie rassemblé, structuré et écrit cette musique qui, pendant 16 siècles, ne s'était transmise qu'oralement et de façon traditionnelle.
Puis Christine Marchais Sieffert a interprété avec beaucoup de sensibilité huit pièces de Toufic Succar dont Zahlé et Taht ezzaitouné et l'émotion du public est allée crescendo d'abord avec 47 lat. Nord, 3 long. Ouest de Karim Haddad, œuvre pour piano aux sonorités étrangement belles et percutantes, et du premier mouvement de la sonate n°3 pour piano de Béchara el-Khoury, Jésus enfant du soleil, œuvre très intense et inspirée.
Ces deux interprètes extrêmement créatifs n'ont pas hésité par ailleurs à transcrire pour saxophone et piano Wie schön leuchtet der Morgenster de Naji Hakim, initialement écrit pour orgue et hautbois, ainsi que Mélancolie de Toufic Succar, à l'origine prévu pour violon et piano.
Ommaggio, pièce de Zad Moultaka pour bande et piano et qui, comme le dit joliment Christine Marchais, pourrait s'intituler «Monsieur Haydn en visite à Beyrouth», tant elle mêle harmonieusement les genres, a aussi été très applaudie. Le concert s'est terminé par l'Ouverture libanaise de Naji Hakim et, en bis, les musiciens ont offert au public le bouleversant Oummi de Marcel Khalifé.
Ce récital est le deuxième d'une série de manifestations à travers la France dont le but est de faire connaître le patrimoine musical et poétique libanais, notamment les compositeurs de musique savante qui sont nombreux, talentueux et malheureusement méconnus. Un concert avait déjà été donné au château d'Eu en Normandie (voir L'Orient-Le Jour du 14 juillet 2010) et d'autres manifestations sont prévues en 2011 dans des lieux historiques, notamment à Rouen, au Havre et à Paris. Une fois encore, le Liban a pu démontrer, à travers sa musique et sa poésie, qu'il était la patrie du dialogue des cultures.

Zeina SALEH KAYALI
Chargée de mission à la délégation du Liban près l'Unesco

Éclairés aux chandelles, devant un public venu très nombreux («Le Liban fait bouger les foules», aux dires de l'un des organisateurs), Christine Marchais au piano, Marc Sieffert au saxophone et Zeina Saleh Kayali, récitante, ont fait dialoguer compositeurs et poètes libanais. Les voûtes de ce haut monument de l'art gothique européen ont résonné des accents d'œuvres tantôt inspirées par le folklore libanais (Toufic Succar, Naji Hakim), par la liturgie maronite (le RP Louis Hage) ou de facture plus «contemporaine» (Karim Haddad, Béchara el-Khoury), en alternance avec des poèmes de Georges Schéhadé (Les saintes femmes), Nadia Tuéni (Les cèdres et Beyrouth) et Noël Fattal (Leçons et...
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