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Liban - Incidents Avec La Finul

Tout le monde veut désormais tourner la page...

La tendance générale : passer à autre chose en insistant sur davantage de coordination avec l'armée.

La Finul a repris ses activités normalement au Liban-Sud. Mahmoud Zayat/AFP

Les réactions se sont naturellement multipliées durant ces trois derniers jours après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut demandé, dans une déclaration unanime vendredi dernier, que la liberté de mouvement des Casques bleus de la Finul au Liban-Sud soit « respectée » et qu'il eut « vivement déploré » les récents incidents les ayant visés. Des réactions qui, dans leur majorité, insistent sur le caractère ponctuel des incidents et appellent à tourner la page.
Il convient de noter que les quinze membres du Conseil ont également appelé « au renforcement continu de la coopération » entre la troupe et la Finul, soulignant « l'importance d'augmenter les effectifs des forces armées libanaises déployées au Liban-Sud, conformément à la résolution 1701 ». Ils ont réitéré leur « plein soutien à la Finul et appelé toutes les parties à coopérer avec la mission afin de mettre pleinement en œuvre la résolution 1701 ». Enfin, ils ont « favorablement » accueilli le fait que, dans sa déclaration du 8 juillet, le gouvernement du Liban ait « déploré les incidents, réaffirmé son engagement envers la Finul et envers la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 ».
Signalons, selon des sources diplomatiques citées par notre correspondant au palais Bustros Khalil Fleyhane, que le Conseil de sécurité ne s'opposera aucunement, et ce malgré les incidents des 29 juin, et 3 et 4 juillet, au renouvellement dans quelques semaines à peine du mandat de la Finul.
Au niveau des réactions locales, on retiendra notamment les propos avant-hier samedi du responsable pour le Liban-Sud au sein du Hezbollah, Nabil Qaouq. « Les récents incidents avec les Casques bleus sont dus au fait que certaines parties internationales ont voulu faire pression sur la Finul afin de la pousser à modifier les règles d'engagement. Sauf que l'éveil des habitants et la présence de l'armée ont réussi à dynamiter les tentatives de chantage israéliennes, l'implication internationale et les profiteurs locaux en tout genre », a-t-il estimé. Pour Nabil Qaouq, le fait que la Finul ait reconnu qu'il y a eu des erreurs, qu'elle ait promis de sanctionner les coupables et qu'elle ait mis l'accent sur l'étroitesse de sa coopération avec l'armée au Sud « constitue un début de solution au problème. Cela va dans le bon chemin », a-t-il jugé, rappelant que les pressions israéliennes visant à obliger la Finul à dépasser son rôle et ses prérogatives sont incessantes. « Ce que l'armée a révélé est très significatif », a-t-il également dit, en allusion aux demandes adressées par Israël à la Finul pour qu'elle fouille des maisons au Sud.
Autres réactions dans le même camp, celle du député Amal, Kassem Hachem, qui lui aussi s'est voulu positif : « Ce qui s'est passé est une erreur conjoncturelle et technique ; un manque de coordination avec l'armée », a-t-il estimé, jugeant que « tout cela est désormais derrière nous ». Même son de cloche pour les députés Ali Khreiss, Ibrahim Kobeissi et Ali Bazzi, qui a assuré que le Liban-Sud reste attaché à d'excellentes relations avec la Finul.
Le député du Hezbollah Bilal Farhat a affirmé pour sa part que « tout changement aux règles d'engagement équivaut à un changement de la résolution 1701 », insistant sur le fait que la feuille de route de la Finul est très simple : « Elle doit préserver la paix ; nous ne lui demandons rien de plus. »
De l'autre côté de l'échiquier politique, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a tenu à répondre au député du Hezbollah Nawwaf Moussaoui, qui avait mis en doute les desseins de la France à l'égard du Liban. « Que Moussaoui nous explique comment la Finul s'est transformée en force mandataire », a-t-il exigé, rappelant qu'il est tout à fait normal qu'en cas de pressions, toute force internationale porte plainte auprès du Conseil de sécurité. « Il est d'ailleurs inadmissible que le Conseil des ministres s'en désole, comme si ce qui s'était passé ne le concerne aucunement », a ajouté Samir Geagea.
Justement, le ministre Kataëb des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a révélé dans une interview à la LBCI que le Conseil des ministres a mis l'accent sur la nécessité de renforcer le rôle de la Finul sur la base de la résolution 1701 et des règles d'engagement en vigueur. « Tout le monde était d'accord à ce niveau, y compris les ministres du Hezbollah », a-t-il dit, affirmant que le rôle de la Finul est de « préserver la stabilité et non pas d'entrer en guerre avec Israël ».
Le député haririen Ammar Houry a lui aussi minimisé l'incident, déplorant toutefois le fait que la Finul soit prise en otage « afin de la lier à la question du Tribunal spécial pour le Liban ». Son colistier de la Jamaa islamiyya, Imad el-Hout, a martelé qu'il était urgent de « ne pas politiser la question du tribunal », pendant que le député 14 Mars de Aley, Fouad el-Saad, s'interrogeait sur cette absence de sagesse de la part de ceux qui veulent chercher des noises à la Finul. « Ces incidents ne servent ni les intérêts du Liban ni ceux des Libanais », a-t-il affirmé. Quant à Nadim Gemayel, il a mis en garde contre les frontières-passoires : « Les armes arrivent bel et bien au Hezbollah. »
Signalons qu'une réconciliation entre les habitants et les soldats de la Finul a eu lieu hier à Touline en présence d'officiers de l'armée et des notables de la ville. Tout ce beau monde a regardé la finale de la Coupe du monde sur un écran géant offert par le contingent français... Il faut dire que le village de Touline a été longuement évoqué au cours de la réunion du Conseil de sécurité. Ce dernier a relevé que l'incident qui s'y est produit « n'était ni spontané ni le fruit du hasard, puisque 50 jeunes motards du bourg ont pourchassé les Casques bleus pendant que des routes étaient bloquées à l'aide de plusieurs voitures afin qu'une patrouille française se retrouve dans une impasse, ce qui a facilité son caillassage ».
Les réactions se sont naturellement multipliées durant ces trois derniers jours après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut demandé, dans une déclaration unanime vendredi dernier, que la liberté de mouvement des Casques bleus de la Finul au Liban-Sud soit « respectée » et qu'il eut « vivement déploré » les récents incidents les ayant visés. Des réactions qui, dans leur majorité, insistent sur le caractère ponctuel des incidents et appellent à tourner la page.Il convient de noter que les quinze membres du Conseil ont également appelé « au renforcement continu de la coopération » entre la troupe et la Finul, soulignant...
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