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Culture - Beiteddine

Abdou Chérif rallume les feux de l’amour

Abdou Chérif a offert au public en liesse une soirée tout près des étoiles, notamment une étoile encore très incandescente et vivante, celle de Abdel Halim Hafez qui, grâce au souffle nouveau de l'interprète marocain, continue de briller au firmament.

Abdou Chérif : l’interprète d’une étoile encore très incandescente. Photo D.R.

Il est difficile de décrire ou de qualifier, dans la langue française, toutes les dimensions et les facettes du « hawa », traduites en expression vocale et musicale par celui qu'on a surnommé le rossignol brun. Accompagné d'Ihsan al-Mounzer et de son magnifique orchestre (une cinquantaine de musiciens) auquel s'est joint le célèbre organiste Magdi al-Husseini que Abdel Halim lui-même avait surnommé le « 3afrit de l'orgue », dans son « tuxedo » rappelant les anciens grands chanteurs, Abdou Chérif au regard doux, au visage d'ange et à la voix de velours, a repris les titres les plus classiques du chanteur égyptien et les a formulés avec beaucoup de révérence dans son propre langage amoureux. Tout comme son « maître à chanter », le crooner marocain a susurré, chuchoté, mais aussi crié les feux de l'amour, ce feu qui embrase tout l'être et qui l'anime.
L'amour n'est pas unique. Il est pluriel. Il peut être celui qu'on voue à un ami, à un amoureux et aussi à un pays. C'est pourquoi Abdou Chérif a commencé son récital par ce chant d'amour à son pays Watani Habibi. Sur fond de projections d'images de Abdel Halim Hafez, il offrira un panachage des titres classiques tout en modulant sa voix avec des teintes andalouses ou occidentales. Ainsi, il interprétera, avec un cœur qui saigne, la fameuse Touba. Mais c'est avec Jabbar, ce titre qui l'a lancé en ce 1er mai 1999 devant une salle médusée à l'Opéra du Caire, que le rossignol marocain élève sa voix puissante. Comme une prière incantatoire, son chant mélodieux, doux mais tranchant, pénètre l'âme de chacun. Il est difficile de toucher aux émotions les plus profondes, aux sensations les plus subtiles, mais la voix de Abdou Chérif est un philtre d'amour dont on s'abreuve en demeurant inassouvi.

L'amour sous les feux de la rampe
L'interprète, qui se dit avoir goûté à toutes les cultures et harmonies, a l'œil qui veille sur son orchestre. Dialoguant avec Ihsan al-Mounzer au piano, il sera à l'écoute respectueuse de chaque violoniste, bassiste ou percussionniste de l'ensemble musical. C'est avec Rissala Taht el-Ma' qu'un dialogue fiévreux s'instaure avec l'audience. Comme un lien indicible. Jana al-hawa et Sawwah achèvent de nouer cette chaîne de l'amour. Reprenant à loisir les refrains, les bras levés vers le ciel, les femmes (car avouons-le, avec le respect pour le genre masculin, c'était l'autre sexe qui menait la danse) dansaient, chantaient, ovationnaient Abdou Chérif jusqu'au délire.
Enfin, après qu'une femme se soit avancée vers lui pour lui remettre le drapeau marocain qu'il a serré amoureusement sur sa poitrine, l'interprète marocain termine son récital par cet ultime aveu Ahwaak. Des mots si souvent chantés par Abdel Halim Hafez et que Abdou Chérif répètera à l'adresse de ce public généreux qui vient de vivre avec lui le plus beau rendez-vous d'amour.

Il est difficile de décrire ou de qualifier, dans la langue française, toutes les dimensions et les facettes du « hawa », traduites en expression vocale et musicale par celui qu'on a surnommé le rossignol brun. Accompagné d'Ihsan al-Mounzer et de son magnifique orchestre (une cinquantaine de musiciens) auquel s'est joint le célèbre organiste Magdi al-Husseini que Abdel Halim lui-même avait surnommé le « 3afrit de l'orgue », dans son « tuxedo » rappelant les anciens grands chanteurs, Abdou Chérif au regard doux, au visage d'ange et à la voix de velours, a repris les titres les plus classiques du chanteur égyptien et les a formulés avec beaucoup de révérence dans son propre...
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