De gauche à droite, Daniel Alves, Kaka, Robinho et Luis Fabiano. Le Brésil affronte les Pays-Bas aujourd’hui en quarts de finale de la Coupe du monde 2010. Antonio Scorza/AFP
« C'est la relation parfaite, se félicite Luis Fabiano après un service du n° 10 contre la Côte d'Ivoire (3-1). Il me suffit d'être bien placé et lui, sans me voir, sait déjà où je me trouve. »
« Je savais déjà le mouvement qu'il allait faire », abonde Kaka, précisant : « Il existe une complicité entre nous deux. C'est une convivialité quotidienne, des plaisanteries. »
La preuve en images : à sa sortie du terrain contre le Chili (3-0) en 8e de finale lundi, Kaka tape dans les mains de ses coéquipiers du banc puis se jette dans les bras du "Fabuloso", pour une accolade rigolarde.
Le n° 10 a déjà délivré deux passes décisives au n° 9 ; il veut devenir « le meilleur passeur décisif » du tournoi et que son camarade en soit « le meilleur buteur ».
Flash-back, janvier 2001. Ricardo Izecson dos Santos Leite, dit Kaka (diminutif attribué par son frère), apparaît en équipe première du Sao Paulo FC, à 18 ans. Luis Fabiano Clemente (20 ans) y débarque après un échec en France à Rennes.
Leur histoire commune commence. Kaka devient vite l'enfant prodige au point d'être convoqué pour le Mondial 2002, que le Brésil remporte. Luis Fabiano, passée une nouvelle parenthèse infructueuse à Rennes (premier semestre 2002), multiplie les buts : le n° 9 en inscrit 118 en 160 matches. Soit le deuxième meilleur ratio dans l'histoire du club (0,737 but par match), derrière le mythique Friedenreich (0,814) dans les années 1930.
Ensemble, ils connaissent la gloire, mais découvrent aussi les revers de fortune et leur lot de critiques. Après une élimination précoce en Coupe du Brésil en 2003, Kaka est raillé par les supporters paulistes le traitant de « Barbie » (la poupée, pas le nazi). Un peu plus tard, Luis Fabiano menace de quitter le club s'il continue à être hué.
La relation s'affine entre deux hommes très différents. Fils d'une famille aisée de Sao Paulo, Kaka fait figure de gendre idéal. Luis Fabiano en revanche, élevé par son grand-père, fut un adolescent livré à lui-même à Jardim Proença, banlieue miséreuse de la ville de Campinas. Le premier est poli, lisse. Le second, psychologiquement instable, accumule les cartons rouges, souvent pour avoir répondu puérilement à des provocations.
Les deux stars en viennent d'ailleurs presque aux mains en août 2002 lors d'un entraînement, et leur altercation devient quasiment une affaire d'État (de Sao Paulo). « Ça a été une dispute que tout le monde a entendue, mais qui n'était pas destinée à être entendue », relativise alors l'attaquant. « Tout ça est oublié, c'était juste un truc d'un entraînement », tempère le milieu.
Depuis, Kaka a obtenu le Ballon d'or 2007 et Luis Fabiano a confirmé au FC Séville. Tous deux blessés en fin de saison, ils ont retrouvé leurs sensations et leur complicité en Afrique du Sud. Comme au bon vieux temps.
Le programme d'aujourd'hui
(heure de Beyrouth)
17h00 : Pays-Bas-Brésil à Port Elizabeth
21h30 : Uruguay-Ghana à Johannesburg/Soccer City.

