"Une attaque sur la base militaire de Jalalabad s'est produite ce matin et elle continue", a déclaré en milieu de matinée Iain Baxter, un porte-parole de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan.
"Les assaillants n'ont pas pu entrer dans l'enceinte de la base", a ajouté l'officier.
Ahmad Zia Abdulzaï, porte-parole du gouvernorat de la province de Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale, a affirmé que des kamikazes participaient à l'attaque.
Un porte-parole régulier des talibans, Zabihullah Mujahed, a revendiqué l'attaque dans un appel téléphonique à l'AFP.
La base de Jalalabad - en fait une base et un aéroport militaires - est l'une des plus importantes de l'Otan dans le pays, après celles de Kandahar (sud) et de Bagram, dans la banlieue de Kaboul, toutes les deux cibles d'attaques d'insurgés, parfois kamikazes, ces derniers mois.
Le 22 mai, les talibans avaient attaqué la base de Kandahar, la plus importante du pays, tirant cinq roquettes et blessant plusieurs militaires de l'Otan et des civils travaillant sur place.
Quelques jours auparavant, 30 à 40 talibans --dont des kamikazes-- avaient attaqué Bagram, la deuxième du pays. Seize insurgés et un civil américain avaient été tués selon les forces internationales. Neuf soldats américains avaient également été blessés lors des combats.
Les talibans ont promis en mai de lancer une série d'opérations de "jihad" --assauts, attentats et assassinats-- visant les forces de l'Otan et plus généralement les étrangers, en réponse à l'offensive en cours à Kandahar, berceau des talibans.
Depuis 2005 et la résurgence de l'insurrection menée par les talibans, chaque année établit un nouveau record de pertes pour les troupes étrangères, déployées en Afghanistan depuis fin 2001.
Cette nouvelle attaque intervient alors que les forces internationales vivent un mois de juin noir avec, pour la première fois depuis la chute des talibans fin 2001, la perte de 100 soldats sur un seul mois. Ce niveau de violences est comparable à celui qu'ont connu les forces internationales, notamment américaines, en Irak au pire de la guerre en 2007.
La coalition affiche par ailleurs ses dissensions après le limogeage la semaine dernière du général Stanley McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan.
Son successeur, le général américain David Petraeus, a cherché mardi à rassurer sur le cours d'une guerre de plus en plus impopulaire, tout en admettant s'attendre encore à "de rudes combats" dans les prochains mois.

