Alors que Maradona a conquis tout le peuple argentin à sa cause avec ses trois victoires, les Mexicains reprochent à Javier Aguirre d’avoir mis une équipe trop lente sur le terrain face à l’Uruguay, qui leur a coûté la victoire. Conséquence de cette défaite, la Tri a terminé deuxième de la poule et jouera l’Argentine en huitièmes de finale. Omar Torres et Daniel Garcia/AFP
Entre le « Kaiser du Michoacan », sa région d'origine, et la « Puce », il y a plus de douze centimètres de différence (1,82 m contre 1,70 m) : tout sépare l'élégant et rugueux milieu défensif (défenseur central en club) du virevoltant et créatif n° 10.
À Barcelone, le Mexicain de 31 ans a perdu sa place au profit de Piqué et pourrait quitter la Catalogne cet été, quand l'Argentin Ballon d'or 2009, qui vient de fêter jeudi ses 23 ans, a prolongé son contrat jusqu'en 2016. Messi a encore l'avenir devant lui ; Marquez aborde en revanche le match le plus important de sa carrière.
« Je vis un de mes meilleurs moments footballistiques et personnels, note d'ailleurs "Rafa". Il est possible que ce soit mon dernier Mondial à cause de l'âge, j'aurai 35 ans au prochain. On a l'occasion d'écrire l'histoire du Mexique, il ne me reste qu'à savourer le moment, avec mes coéquipiers. »
De la saveur, son duel avec « Leo » n'en manquera pas. « Je le connais assez bien, c'est difficile de jouer contre lui et de l'arrêter, admet Marquez. Il faut essayer de lui fermer les espaces, parce que c'est difficile de lui prendre le ballon. Il a une bonne conduite de balle et peut changer de rythme à n'importe quel moment. »
« C'est l'Argentine, et alors ? »
Il ne s'étendra pas. Messi est certes « le meilleur joueur du monde », l'Argentine a beau posséder « de grands joueurs » et « une des meilleures attaques »... cela ne l'impressionne pas davantage : « C'est l'Argentine, et alors ? lance-t-il crânement. On est en train de changer cette mentalité, on est en train de devenir grands pour devenir meilleurs. »
Car Marquez en a assez du « pessimisme » mexicain, de cette fatalité aussi de voir le parcours des Aztèques prendre fin en 8es de finale de la Coupe du monde, comme il l'a vécu en 2002 et en 2006.
« On va essayer de changer cette histoire, assure-t-il. On garde encore en travers de la gorge ce match d'il y a quatre ans (Argentine-Mexique en 8es de finale déjà, 2-1 a.p.). C'était le meilleur match du Mexique et on avait perdu à cause d'un but qu'un joueur met une fois dans sa vie. »
Allusion à cet incroyable enchaînement contrôle de la poitrine et reprise de volée dans la lucarne mexicaine réussi par Maxi Rodriguez, élu plus beau but du Mondial 2006. Marquez avait ce jour-là pourtant ouvert la voie et le score. C'est encore lui qui avait égalisé dans le match d'ouverture au Mondial 2010 contre l'Afrique du Sud (1-1).
« Contre les grands adversaires, le Mexique fait toujours de grands matches, résume-t-il. Ce sera un match très difficile pour nous, mais aussi pour eux. »

