Cette supportrice africaine n’a pas été exaucée : le brésil n’a pas battu le Portugal, et la Côte d’Ivoire n’a pas marqué dix buts face à la Corée du Nord. Mais les Éléphants se sont tout de même imposés 3-0, ce qui n’est finalement pas si mal. Issouf Sanogo/AFP
« On savait qu'il n'y aurait pas beaucoup de spectacle, puisque les deux équipes étaient déjà qualifiées » : même si le Portugal n'était en fait que presque qualifié au coup d'envoi, Lucio, le capitaine du Brésil, a parfaitement résumé ce match sans but mais heurté, au cours duquel sept cartons jaunes ont été distribués, tous en première période.
Sans Kaka ni Robinho, respectivement suspendu et ménagé, les Brésiliens, qui pensaient surtout à gérer leur première place, ont montré que leur réservoir n'était peut-être pas aussi profond que prévu.
Julio Baptista et Nilmar, les entrants dans le système en 4-3-2-1, n'ont pas les qualités des deux autres et les Auriverde sont tombés dans le piège tendu par leurs féroces cousins... qui devaient encore avoir en tête la déculottée (2-6) reçue à Brasilia en match amical en 2008.
Sur le plan offensif, le système portugais aurait pu s'avérer payant, si le bras de Juan ne s'était pas trouvé sur la route d'un ballon que convoitait Ronaldo (25).
En pointe de l'organisation en 4-1-4-1, l'attaquant de Manchester United a cependant paru un peu trop esseulé. Si sa complicité avec Raul Meireles est prometteuse, elle ne lui a pas permis d'ouvrir le score (77) ou d'aider son partenaire à le faire (60).
La défense brésilienne, qui avait encaissé un but lors des deux premiers matches face à la Corée du Nord (2-1) et à la Côte d'Ivoire (3-1), s'en sort bien alors qu'elle a souvent été inquiétée.
La Côte d'Ivoire mate la Corée du Nord
De son côté, la Côte d'Ivoire a quitté le Mondial sur une bonne note en battant la Corée du Nord (3-0), hier à Nelspruit. Une victoire insuffisante, mais même en s'imposant 10 à 0, les « Éléphants » n'auraient pas doublé le Portugal, qui a tenu le Brésil en échec.
Ils ont pourtant fait ce qu'il fallait, ouvrant vite le score par Yaya Touré (14) et doublant la mise par Romaric (20), qui entretenait la flammèche de l'espoir. Il fallait remonter neuf buts de différence au Portugal pour les doubler.
Les Éléphants ont suivi leur plan jusqu'au bout, harcelant sans cesse les Nord-Coréens et menant par exemple la première période dix frappes cadrées à zéro, mais le défi était trop relevé.
Salomon Kalou a marqué le troisième but (82), juste après la meilleure occasion nord-coréenne, manquée par Jong Tae-se, surnommé « le Rooney du peuple ».
Sven-Göran Eriksson, le sélectionneur suédois entré en fonctions seulement deux mois avant le début du tournoi, avait effectué quelques changements, comme des aveux de ses mauvais choix. Au poste d'arrière-gauche, Arthur Boka a relayé Siaka Tiéné, dépassé contre le Brésil (1-3), et Gervinho a joué milieu droit à la place d'Aruna Dindane, essoufflé lors des deux premiers matches.
Côté nord-coréen, le Mondial n'a pas vraiment ressemblé à celui de 1966, où les héros étaient allés jusqu'en quarts de finale. Battue trois fois, humiliée par le Portugal (0-7), la « Chollima », monture indomptable de la mythologie, n'était qu'un vieux cheval de trait.
Le sélectionneur Kim Jong-hun avait curieusement reconduit le onze en déroute face aux Portugais. Ils ne se sont pas rachetés et repartent dans leur pays méconnu, qui n'a pas profité de la Coupe du monde pour s'ouvrir, l'équipe jouant au chat et à la souris avec les journalistes occidentaux, et gagnant souvent cette partie-là.

