D’une manière générale, l’Uruguay n’a jamais réussi aux Français, qui n’ont gagné qu’un seul de leurs cinq face-à-face (la finale de la Coupe intercontinentale, le 21 août 1985). Charles Platiau/Reuters
Au moment d'entonner la Marseillaise, les émotions vont se bousculer dans les rangs français. Pour les sept joueurs de l'effectif aux racines africaines, ce premier Mondial sur la terre de leurs ancêtres aura forcément un parfum enivrant. Pour les jeunes, ce sera une grande première. Pour les aînés, il y aura comme un chant d'adieu (Anelka, Henry, Gallas).
Raymond Domenech sera sans doute aussi traversé par beaucoup de sentiments, lui le nouveau recordman de sélections à la tête des Bleus (77e contre l'Uruguay), lui qui fait partie des hommes les plus critiqués de France, lui le seul à avoir qualifié cette équipe pour trois phases finales d'affilée (un Euro, deux Mondiaux).
À Ribéry de jouer
La question n'est pas tant de savoir comment se présenteront les Bleus sur le terrain. Le 4-3-3 de la préparation devrait être maintenu. La composition ne devrait pas faire mystère non plus, avec Anelka et Govou titulaires en dépit des critiques soulevées lors des derniers matches. La question porte plutôt sur l'état d'esprit de ces joueurs admirés en club et incapables de former une équipe en sélection. Car, en face, Forlan et Suarez semblent ne pas douter.
Le 4 décembre, quand l'actrice Charlize Theron, maîtresse de cérémonie, a versé la France dans le groupe A avec l'Uruguay, le Mexique et l'Afrique du Sud, les Bleus pensaient enfin pouvoir souffler après deux ans de chaos et de tempête depuis le fiasco de l'Euro 2008.
Mais il n'y a pas de répit pour cette équipe. Un nul rappellerait tant de mauvais souvenirs, comme celui de l'Euro 2008 contre la Roumanie (0-0). Il y a quatre ans, lors du Mondial allemand, les débuts n'avaient pas été glorieux (0-0 contre la Suisse). Mais que le parcours fut magnifique ensuite.
Ribéry était de l'aventure, petit nouveau adoubé par sa majesté Zidane. C'est lui aujourd'hui qui doit montrer la voie en grand frère (45 sélections), au regard de sa forme étincelante en préparation et en dépit d'une saison noire avec le Bayern Munich, entre blessures, frictions avec son entraîneur ou affaire de mœurs.
À lui d'insuffler enfin de la vie dans le 4-3-3 et de faire rêver un pays qui aimerait tant que sa seule joie footballistique cet été ne se résume pas à l'obtention de l'Euro 2016 à la maison.
Les équipes probables
Uruguay : Muslera - Victorino, Lugano (cap.), Godin - M. Pereira, Perez, Rios, A. Pereira - I. Gonzalez - Suarez, Forlan
Sélectionneur : Oscar Tabarez
France : Lloris - Sagna, Gallas, Abidal, Évra (cap.) - Gourcuff, Toulalan, Malouda - Govou, Anelka, Ribéry
Sélectionneur : Raymond Domenech
Arbitre : Yuichi Nishimura (Jap).


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