La nomination mardi d'un ancien procureur général à la tête d'une commission d'enquête sur les récentes violences en Thaïlande a soulevé l'indignation de l'opposition, qui craint une "opération de blanchiment".
Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a nommé Kanit Nanakorn, 73 ans, pour diriger une commission chargée de faire la lumière sur les violences qui ont émaillé les manifestations des "chemises rouges" antigouvernementales entre mars et mai, faisant 89 morts et 1.900 blessés.
"J'ai donné à Kanit une indépendance totale pour sélectionner les membres (de la commission) et conduire l'enquête", a déclaré Abhisit mardi.
Mais le parti Puea Thai, première formation de l'opposition, a vivement contesté le choix de ce doyen de la faculté de Droit de l'université privée Dhurakij Pundit, à Bangkok.
"Nommer Kanit est une opération de blanchiment pour Abhisit", a estimé le porte-parole du Puea Thai, Pormpong Nopparit. "Il est très proche des personnalités du gouvernement et a été nommé par Abhisit, qui a ordonné aux troupes de réprimer les manifestants".
"Si le gouvernement veut que tous les groupes en Thaïlande et dans le monde acceptent les résultats de l'enquête, il doit inviter des organisations internationales à intervenir comme enquêteurs", a-t-il ajouté.
Kanit avait déjà supervisé une enquête sur les présumées exécutions extrajudiciaires de quelque 2.500 personnes, lors d'une guerre contre la drogue menée par le gouvernement de Thaksin Shinawatra (2001-2006).
Thaksin, renversé par un coup d'Etat militaire et icône d'une partie des "chemises rouges", vit aujourd'hui en exil. Accusé d'avoir financé le mouvement des "rouges" et d'avoir incité les manifestants à la violence, il est recherché par le pouvoir thaïlandais pour "terrorisme".
Les "rouges" réclament des élections anticipées et la démission d'Abhisit, qu'ils jugent illégitime et dont ils rappellent qu'il est arrivé au pouvoir, fin 2008, sans passer par des élections.
Leur mouvement, débuté mi-mars, s'est achevé le 19 mai par un assaut des militaires contre leur camp retranché au coeur de Bangkok, sans qu'aucune de leurs revendications ne soit reconnue.
De nombreuses questions demeurent sans réponse sur les responsabilités des uns et des autres. Le pouvoir affirme que l'armée n'a fait usage de balles réelles qu'en cas de légitime défense ou contre des "terroristes".
Fin mai, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait demandé l'ouverture d'une enquête indépendante afin de juger les responsables des violations du droit international.
Dimanche, Abhisit avait précisé qu'il souhaitait qu'une personnalité "favorable aux +chemises rouges+" soit incluse dans la commission afin que "toutes les parties soient confiantes en la neutralité de leurs travaux".
Aucun calendrier n'a été diffusé sur le programme de cette commission.
Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a nommé Kanit Nanakorn, 73 ans, pour diriger une commission chargée de faire la lumière sur les violences qui ont émaillé les manifestations des "chemises rouges" antigouvernementales entre mars et mai, faisant 89 morts et 1.900 blessés.
"J'ai donné à Kanit une indépendance totale pour sélectionner les membres (de la commission) et conduire l'enquête", a déclaré Abhisit mardi.
Mais le parti Puea Thai, première formation de...

