«Eid el-Salib», une œuvre de l’artiste.
L'artiste, qui a quitté le Liban avec ses parents en 1975 pour s'établir aux États-Unis, va nourrir au fil des années sa plume ou son pinceau d'historiettes contées par son père. Les habitudes du village, le patrimoine ; autant de balades bucoliques qu'elle illustre à sa manière. Avec clarté et tendresse.
Sur ses aplats de couleurs bien léchés, Helen Zughaib fait des allers-retours entre le passé et le présent, le classique et le moderne, mais aussi entre Orient et Occident. Et si l'Orient a bien alimenté son imagination, c'est à l'Occident qu'elle doit cette vision bien maîtrisée de l'art. D'ailleurs, certaines de ses œuvres se teintent de l'influence Picasso ou Mondrian.
Son travail est un art simple, mais riche. Dans les mouvements corporels qu'elle traduit avec dynamisme et dans cette danse lexicale qu'elle retranscrit, l'artiste recrée ce monde enfoui dans les mémoires des Libanais. Les formes tournoient, se glissent, s'infiltrent dans la trame; les couleurs se marient, s'harmonisent, créant parfois à elles seules ces silhouettes et ce langage nouveau. Sur ses gouaches, tout parle, grouille, évoque des souvenirs, mais aussi chuchote et susurre des émotions. Tout est dialogue dans cet art vivant et vivifiant.
Les allures géométriques, elles aussi, occupent une place de choix. Dans ce cercle kaléidoscopique ou à l'encre, elle a gravé le mot « maison » dans ces carrés et losanges qui s'étreignent. L'artiste semble revenir à la case départ non avec une nostalgie stérile, mais purement créatrice et
revigorante.
Agial, rue Abdel Aziz. Tél. : 01/345213.

