M. Baroud a énuméré les nombreuses lacunes des lois électorales, lors de sa conférence de presse, hier.Photo Hassan Assal
Il a expliqué que son département était également prêt à introduire 283 000 nouveaux noms aux listes électorales si le Parlement avait ramené à 18 ans la majorité électorale, avant de rappeler l'abaissement du coût général du scrutin qui s'est limité, selon lui, aux indemnités des chefs des bureaux de vote et de leurs assistants ainsi qu'à quelques frais « couverts grâce à des aides obtenues de plusieurs organismes donateurs ». « Le ministère a ainsi pu rendre presque la moitié des 22 milliards de livres qui lui avaient été accordés à titre d'avance du Trésor », a expliqué M. Baroud, avant de donner un maximum de détails relatifs au déroulement des élections. Il a ainsi rappelé que c'est à la demande des responsables de la sécurité que le scrutin a eu lieu en quatre étapes, parce qu'une telle répartition leur permet de mieux maintenir la sécurité, avant de souligner que sur les 964 conseils municipaux au Liban, 212 ont été élus d'office et que sur les 2 578 moukhtars, 602 ont été aussi élus d'office. Il a fixé à près de 47 % la moyenne de la participation aux élections avant de préciser le nombre de candidats et de rappeler la formation à laquelle les fonctionnaires, dont il a également précisé le nombre, avaient été soumis.
M. Baroud a ensuite indiqué que la chambre d'opérations créée a réceptionné 4 846 plaintes, soit 1 200 en moyenne chaque dimanche, et qu'elle a pu répondre à 5 534 demandes d'explications. En tout, 267 incidents de sécurité ont ponctué la consultation populaire, selon M. Baroud, qui a insisté sur le fait qu'il n'y a pas eu d'incidents sanglants et que l'affaire de Dahr el-Aïn ne peut pas être comptée parmi les 267 « du moment qu'elle n'était pas motivée par des considérations électorales même si elle s'est produite à la veille d'une élection ».
Concernant les plaintes au sujet d'éventuels achats de voix et de corruption, il a fait état de nombreuses plaintes non documentées qui n'ont pas pu être suivies, à l'exception d'une seule « qui a permis l'ouverture d'une enquête ». M. Baroud a aussi indiqué que 125 recours contre les résultats des élections ont été présentés au Conseil d'État, affirmant s'attendre à ce que ce chiffre s'élève.
Concernant la prochaine action de son ministère, elle doit porter sur l'amendement de la loi sur les municipales. M. Baroud a ainsi souligné que le scrutin de mai a « mis en relief les lacunes dans nos lois électorales et la nécessité d'y introduire des modifications fondamentales ». « Est-il possible que les femmes composent 52 % des listes d'électeurs et moins de 5 % - il s'agit d'une proportion non définitive en attendant les résultats officiels du Liban-Nord - des élus ? Est-il possible que 49 % des électeurs ne soient même pas représentés par un seul membre muncipal ? Jusqu'à quand continuerons-nous de refuser la proportionnelle, sauf sur base de l'entente et en tenant compte des résultats des élections de 2009 ? Est-il possible que le Liban continue de faire partie des trois pays qui, seuls dans le monde, n'ont pas recours aux bulletins préimprimés ? Jusqu'à quand devons-nous attendre l'application de la loi 220/2000 pour permettre aux personnes à besoins spéciaux d'exercer leur droit ? Pourquoi un électeur n'a-t-il pas le droit d'élire le conseil municipal de la région dans laquelle il réside s'il remplit les conditions nécessaires à ce genre de vote ? Jusqu'à quand les dépenses électorales et le langage électoral des médias resteront-ils incontrôlés »? s'est-il interrogé, avant de rappeler que la loi sur les législatives avait prévu « un silence électoral » durant les 24 heures qui précèdent un scrutin.
M. Baroud a ensuite indiqué que son département présentera en priorité au gouvernement une nouvelle loi électorale qui tiendra compte des points soulevés plus haut, puis une autre sur la décentralisation administrative, avant d'insister sur le soutien aux conseils municipaux nouvellement élus, avec, en priorité, un déblocage des sommes dues aux municipalités.
Répondant ensuite à une question sur l'organisation d'élections dans les localités où celles-ci avaient été suspendues, notamment à Dahr el-Aïn, le ministre a répondu en précisant qu'il faudra attendre que le Conseil d'État se prononce au sujet des recours qui lui ont été présentés avant de fixer des dates.


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