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Liban - Reportage

Un « jihad-tour » festif dans le fief du Hezbollah

Dix ans après le retrait israélien du sud du Liban, la région est devenue un lieu d'attractions insolite : les visiteurs peuvent découvrir le tourisme version Hezbollah, qui organise un « jihad-tour » dans son fief, jusque dans un « maquis » truffé de combattants.

Des étudiants et des étudiantes en décolleté de l’USJ ont eu droit à une visite touristique guidée dans la bande frontalière.

Censée offrir une image plus « décontractée » du Hezbollah, bête noire des États-Unis et d'Israël, une excursion a rassemblé dimanche plus de 500 étudiants de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, toutes religions confondues, écrit Rana Moussaoui, dans un reportage pour l'AFP.
But affiché : faire connaître « les exploits de la résistance islamique », dix ans après le retrait israélien du sud du Liban, occupé pendant 22 ans. Au programme : transport en bus, petit déjeuner, déjeuner dans un village pittoresque du Sud et visite d'un « maquis » qui, pour l'occasion, a pris l'allure d'un parc d'attractions. Les étudiants ont eu droit aussi à une simulation de bataille à Maroun el-Ras, village frontalier durement touché pendant la guerre de 2006 entre Israël et le parti chiite. Tarif : 40 000 livres libanaises.
« Chaque année, c'est un programme différent », explique Mohammad Taleb, étudiant en environnement et l'un des 30 organisateurs, tous munis de talkies-walkies et de gilets sur lesquels est écrit « l'amour du Sud ».
Les sorties en 2008 et 2009 avaient inclus des visites à la prison de Khiam, où des Libanais avaient été détenus et torturés à l'époque de l'occupation, au château de Beaufort, occupé autrefois par les Israéliens, et à la frontière, avec « vue sur ennemi ».
Dans les 11 bus règne une ambiance bon enfant, avec des blagues et de la musique patriotique à la gloire de la « résistance ». Un documentaire sur les « exploits des frères jihadistes » est diffusé avec, en bonus, une interview du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah.
Puis c'est au tour des questions-réponses, histoire de divertir les « hezbo-touristes » : « Comment s'appelle le premier martyr de la résistance ? Quel aéroport sioniste Nasrallah a-t-il promis de bombarder en cas de nouvelle guerre ? »
Dans Iqlim el-Touffah, le Hezbollah a promis une « surprise » : au bout de quatre kilomètres de montée, les étudiants arrivent dans un bois, encadrés par des responsables en civil amusés par cette marée humaine caquetant en français et en arabe. « Vous entrez dans une zone interdite », leur annonce-t-on.
Soudain, on voit apparaître deux rangées de « barbus » en treillis, visage peint en noir et arme automatique en bandoulière. Dans l'air, résonnent la voix de Nasrallah et le bruit de mitrailleuses. « C'est l'un des plus importants maquis du parti », assure à l'AFP un combattant, en désignant une montagne verdoyante surplombant le bois.
« Le soldat israélien est très lâche sur le terrain. En 2006, il attendait le moment opportun pour battre en retraite », se rappelle-t-il.
Un autre jeune combattant affirme être « prêt à une nouvelle guerre ». « Nous sommes contents de voir ces jeunes, ça nous donne de la force », dit-il, surveillé de près par ses supérieurs.
Scène inédite, les étudiants, y compris des jeunes filles en décolleté, jean serré et lunettes noires, sont suspendus aux lèvres d'un combattant qui explique son « métier » : lance-roquettes Katioucha et missiles antichars à l'appui.
Lama, 21 ans, étudiante en gestion, semble conquise : « J'ai appris beaucoup de choses intéressantes sur le Sud, sur les armes. »
Autre « moment fort », l'arrivée à Maroun el-Ras où les étudiants assistent à une bataille simulée, tandis que, près de la frontière, des jeunes « détruisent » le mot « sionisme » écrit en hébreu, observés par des soldats israéliens à bord de deux véhicules militaires.
« C'est émouvant d'être ici. On se sent invincible face à Israël », dit Rim, 19 ans, étudiante en pharmacie.
Un étudiant français, l'un des rares participants étrangers, n'en revient toujours pas. « C'est tellement festif. Je ne m'attendais pas du tout à ça », dit-il en observant les jeunes applaudir face à l' « ennemi sioniste ».
Censée offrir une image plus « décontractée » du Hezbollah, bête noire des États-Unis et d'Israël, une excursion a rassemblé dimanche plus de 500 étudiants de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, toutes religions confondues, écrit Rana Moussaoui, dans un reportage pour l'AFP.But affiché : faire connaître « les exploits de la résistance islamique », dix ans après le retrait israélien du sud du Liban, occupé pendant 22 ans. Au programme : transport en bus, petit déjeuner, déjeuner dans un village pittoresque du Sud et visite d'un « maquis » qui, pour l'occasion, a pris l'allure d'un parc d'attractions. Les étudiants ont eu droit aussi...
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