Des nuances de couleurs, comme des harmonies musicales. (Michel Sayegh)
Une terre qu'il a dans la peau jusqu'à la reproduire comme une chair. Ce corps résonnerait bien en écho avec les nus crayonnés au noir qu'il présente à côté de cette sélection d'aquarelles s'étalant sur plusieurs années. Le travail de Rifaï est dialogue. Ses œuvres sont une plate-forme d'écriture où l'artiste s'entretiendrait avec sa région natale, la referait vivre avec ses yeux pour l'offrir ensuite au regard des autres. Mais il est aussi conversation avec ces nus si subtilement reproduits par un seul trait dirait-on, comme à l'infini.
L'artiste, architecte de formation, appartient à cette école de peintres qui a le respect des grands, des prédécesseurs, « Omar Onsi, père de l'impressionnisme », précise-t-il, et dit travailler dans la continuité de ses pairs qui ont posé les fondements de « cette école de la Békaa qui étudie les rapports de la lumière et des formes ». Il est celui qui prône la purification du trait, l'esquisse minimale, épurée. Mais il est également cet artiste qui ajoute ses particularités et sa vision des choses en toute humilité, un regard qui se pigmente du bleu intemporel du ciel et qui se charge, avec le temps, de myriades lumineuses. Ces nuances de couleurs, comme des harmonies musicales, redessinent les formes de maisons et de paysages et recréent l'atmosphère. Et même si l'on n'aperçoit pas de personnages dans le cadre, on les devine car la vie palpite de toutes ses fibres sous les teintes en camaïeu de Rifaï.
Chez cet artiste qui décrit les contours avec le cœur, la palette est génératrice d'allures, de silhouettes, de figures. « Le blanc dans l'aquarelle crée la confrontation, le contraste », précise Rifaï. C'est sur cet espace aéré et aérien que tout se mélange, se dissout. Le souvenir absorbe le temps, le réel s'alimente du rêve et l'onirique rejoint la réalité. Laquelle est soudain comme lavée, purifiée, réinventée.


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron