Laura Bush entourée de ses hôtes, cheikh Salem al-Sabah et son épouse Rima.
Avec son style discret et personnalisé, durant les deux mandats présidentiels de son époux George W. Bush, Laura s'était fait de nombreux amis dans la capitale fédérale, venus cette fois découvrir sa plume. Depuis qu'il n'est plus l'hôte de la Maison-Blanche, George W. Bush vit avec sa famille au Texas où Laura Bush a rédigé son expérience de femme et d'épouse de chef d'État. Au total, 432 pages qui, tout en évitant le ton « sensationnel » - ce n'est pas du tout son genre -, recèle néanmoins d'importantes révélations. Elle conte avec franchise et sincérité son vécu, détaillant une page de l'histoire américaine et la relation de son pays avec le reste du monde. Dans ce dernier contexte, elle relate avec précision l'émoi de la Maison-Blanche lors de l'attaque du 11 septembre 2001 et l'évacuation du personnel dans un bunker.
Tentative d'empoisonnement du président ?
Toujours dans le domaine politique, Laura Bush se demande si, lors du sommet des G8 en Allemagne, en juin 2007, où elle avait accompagné son mari, il n'y avait pas eu une tentative d'empoisonner le président américain. Et pour cause, le couple Bush ainsi que toute la délégation ont été les seuls à souffrir « officiellement » d'une grippe intestinale qui les a immobilisés pendant un moment. M. Bush a même dû se réunir dans sa chambre avec le président français Nicolas Sarkozy, n'ayant même pas pu se lever pour l'accueillir. Plus grave encore, l'un des aides aurait perdu l'ouïe et un autre en garde encore des séquelles.
Un autre événement douloureux qui a marqué Mme Bush et qu'elle relate dans son livre évoque un accident au volant de sa voiture à l'âge de 17 ans, lorsqu'elle avait heurté un autre véhicule, provoquant la mort de son conducteur âgé de 14 ans (l'âge où, au Texas, on obtenait un permis de conduire). La victime était de surcroît un ami.
Laura Bush ne cache pas non plus la période difficile de ce qu'elle appelle les « Trois B » de son mari : le bourbon avant dîner, la bière au cours du dîner et un « B&B », (bénédictine et brandy) après dîner. Une habitude, précise-t-elle, chez les Texans, qui avait tourné à l'addiction et dont son époux a pu guérir grâce à elle.
Alors, « desperate housewife » !
Sur une note plus légère, elle confie que, trois mois après avoir conuu Georges W. Bush, « la vieille fille de Midland (sa ville d'origine dans le Texas) avait épousé le parti le plus brillant de la région ». Née Welch (en 1946), Laura avait à l'époque trente ans et travaillait comme bibliothécaire, sans la moindre idée du destin qui l'attendait : devenir la First Lady du 43e président des État-Unis. Enfant unique, elle s'est vu tout d'un coup plonger dans la tribu des Bush.
À travers les pages de ses Mémoires, elle emmène évidemment ses lecteurs à l'intérieur de la Maison-Blanche et dans ses coulisses. Avec juste ce qu'il faut pour ne pas toucher à l'intimité familiale qu'elle évoque quand même en métaphore, comme lors d'un gala des correspondants de presse auprès de la Maison-Blanche. Elle s'était ainsi présentée : « Neuf heures du soir. M. Excitation est profondément endormi et je regarde Desperate Housewives avec Lynne Cheney (épouse du vice-président Dick Cheney). Messieurs, mesdames, je suis une desperate housewife. Plus tard, les visiteurs officiels ou leurs épouses me murmuraient à l'oreille si je l'étais vraiment ! » Autre détail croustillant : l'évocation d'une tradition ayant perduré durant 175 ans à la Maison-Blanche, qui assignait aux époux présidentiels des chambres séparées. Une tradition à laquelle ont mis fin le président Gerald Ford et son épouse Betty.
Aujourd'hui, l'ancienne First Lady coule des jours libres et sereins dans son Texas natal où, regardant le ciel, elle se rappelle souvent le conseil de sa mère : « Regarde toujours vers le haut. » Elle semble intuitivement avoir suivi ce conseil.


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